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Ce blog est destiné à donner un avis sur des films récents. Cela permet de partager une passion commune que l'on n'a parfois pas le temps de faire à cause de nos emplois du temps (sur)chargés.

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Wilfrid RENAUD

mardi 2 octobre 2018

PETIT PAYSAN

Article de Wilfrid RENAUD
 A mes yeux le cinéma français se porte mal. Entre des franchises nauséabondes (Taxi), des comédies populaires exagérément surestimées ( au hasard celles de Danny Boon, rien de personnel je l'aime bien mais je le préférais pendant ses one-man shows)  des "Bessonneries" selon saint Luc qui, s'il a un bon sens du rythme et de l'image, aurait dû depuis longtemps faire signer ses scénarios par quelqu'un de plus mature, des polars qui finissent à la longue par se ressembler et des drames à caractère social pesants, la French Touch ne me fait pas ou peu rêver.
En discutant avec des amis cinéphiles, il est rassurant de voir que c'est le cas de la plupart d'entre eux, évitant de penser du coup que je suis un -presque- quinquagénaire prétentieux.
De temps à autre, l'intérêt national se réveille à travers les films de Jacques Audiard, Jean-François Richet et Jean-Pierre Jeunet. (J'attends pour les deux premiers de voir respectivement "Les frères Sisters" et "L'empereur de Paris", nouvelle version de Vidocq).


Et puis plus rarement, il y a des films qui débarquent sans crier gare. Ou presque. La bande -annonce m'avait interpellé l'an dernier et j'ai découvert ce "Petit Paysan" sur les chaînes satellites.
Le cadre se passe durant les premières années de cas déclarés de la maladie de Creutzfeld-Jacob plus populairement appelée "la crise de la vache folle" au début des années 90. Pierre Chavanges (Swann Arlaud), jeune agriculteur ne vit que pour son exploitation comme le montre de manière surréaliste la première scène où il rêve de sa maison envahie par ses douces herbivores.
Quand une de ses vaches meurent après un accouchement difficile, il panique. Maladie ? Peut-être. Mais ne voulant pas voir tout son troupeau exterminé, il va brûler en pleine nuit la carcasse de la bête...
A partir de là, Pierre va s'enfoncer dans les problèmes. Il doit justifier auprès des autorités sanitaires l'absence d'une tête dans le troupeau. Un mensonge en amenant un autre, l'imbroglio "sanitairo-juridique" le mène sur le terrain dangereux de l'inégalité où seule sa sœur, vétérinaire de profession, deviendra sa protectrice malgré elle. (Sara Giraudeau, fille de Bernard que je découvre avec plaisir ici), risquant sa carrière par amour fraternel.


Hubert Charuel, le réalisateur, fils d'éleveurs, dépeint bien ce monde difficile aux bases fragiles.
Les exploitants peuvent tout perdre en une journée.
Avec des promesses d’indemnités qui ne viennent jamais, marquant au fer rouge leur santé mentale où démunis et seuls face à cette crise, ils sombrent dans la paranoïa, par peur de ne rien pouvoir faire d'autre, si leur troupeau devait être contaminé.

Le ton est juste, la cause de ce film social aussi.
Social mais pas pensant.
Sur son fond, il ressemble presque un film à suspens, où l'on se demande comment Pierre, sous le jeu intense de Swann Arlaud, va se sortir de ce piège dans lequel il s'est enfermé lui-même.
Sur la forme, il ne ressemble pas à un documentaire mais à un vrai film de cinéma, sans esbroufe mais avec une photographie joliment appropriée, voire rafraichissante face à d'autres "oeuvres d'auteurs" diablement prétentieuses.
Ce "petit paysan" a tout d'un grand film sous ses airs de "premiers pas d'un réalisateur à suivre".
Pour ma part, je le suis, avec ou sans ces vaches....


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