Article de Frédéric Serbource
"Doctor Sleep" ou quand Mike Flanagan se donna la mission de réconcilier l'écrit et le cinéma...
Ce n'est un secret pour personne, Stephen King déteste cordialement
l'adaptation de son roman "Shining" par Stanley Kubrick. Seulement, n'en
déplaise à un des écrivains du genre les plus populaires de notre
époque, c'est à jamais la version cinéma d'un des réalisateurs les plus
connus au monde qui restera dans les mémoires (et non le plus
qu'oubliable téléfilm de 1997 validée par King). Ainsi, on imagine sans
mal l'embarras dans lequel s'est retrouvé Mike Flanagan lorsqu'il s'est
attaqué au projet de porter sur grand écran la suite littéraire à succès
"Doctor Sleep". Devait-il oui ou non éluder les images fortes du film
restées dans toutes les têtes pour rebâtir les fondations nécessaires à
la compréhension d'événements qui en sont en partie leurs conséquences ?
La facilité aurait été d'y faire référence seulement par des dialogues
évoquant le passé de Danny Torrance mais Mike Flanagan n'est pas homme à
choisir la solution la plus aisée quand il s'agit de partager au mieux
les émotions indissociables de ce passé où le perfectionnisme visuel de
Kubrick a pris une importance considérable dans leur ressenti.
N'oublions pas que l'on parle ici d'un véritable petit génie
contemporain de l'épouvante en puissance, alliant constamment ce
registre à un aspect dramatique où les failles les plus profondes de ses
personnages priment dans sa déjà passionnante filmographie. L'espèce de
perfection atteinte par la première saison de la série "The
Haunting..." en ce sens ne peut qu'en témoigner, de même que son
précédent long-métrage, l'excellent "Jessie", une adaptation d'un King
réputé justement inadaptable à cause de la représentation a priori
impossible de l'introspection contrainte de son héroïne.
Et, encore une fois, Mike Flanagan a fait preuve d'une redoutable intelligence afin de concilier les points de vue de King et Kubrick en se posant dans un rôle de médiateur entre les deux. Impossible de gommer la symétrie marquante des plans de Kubrick, les décors si particuliers de l'hôtel Overlook, le visage de fou furieux de Nicholson, les yeux terrifiés de Shelley Duvall ou les "Redrum" répétés du petit Danny Llyod de l'imaginaire du spectateur ? Alors, tout cela ne sera pas ignoré mais réapproprié et ravivé pour nous immerger le plus possible dans l'esprit de son héros malmené par ce traumatisme d'enfance. Grâce à des plans iconiques revisités par le regard moderne de Flanagan (et des astuces qui, on l'imagine sans peine, diviseront), la réminiscence de ces images sur l'état émotionnel du Danny Torrance répondra en effet à l'impact qu'elles ont eu sur le public au fil des années et le conditionnera à éprouver le mal-être qui habite désormais le personnage. Mike Flanagan nous raconte bien évidemment un nouveau prolongement de cette histoire se basant avant tout sur l'écrit de King mais il n'omet jamais rien du lien ténu entre passé et présent et en tire une force incroyable où les maux de Danny Torrance et les choix visuels de Kubrick forment un tout sous la forme de souvenirs partagés en communion par le personnage et le spectateur. Quelle approche audacieuse pour conjuguer deux visions qui s'opposaient jusqu'alors ! D'ailleurs, même King, beau joueur, n'a pu que saluer le talent de Flanagan à cet égard, on ne le contredira pas.
Au-delà de ce choix remarquable qui prendra encore plus de sens dans une certaine partie du film (et qui, toutefois, en montrera également la limite, notamment lors de la séquence d'un face-à-face capital), "Doctor Sleep" avait aussi pour handicap de partir d'un roman certes honorable mais, reconnaissons-le, mineur au regard de son prédécesseur et de bon nombre d'oeuvres bien plus marquantes de King. L'élargissement de cette mythologie "Shining" passait néanmoins par des ramifications intéressantes (son incroyable antagoniste Rose The Hat ou une mise en lumière du Shining sous des perspectives inédites) mais, malgré la plaisante lecture qu'il représentait, l'ensemble se révélait moins indispensable que la puissance de l'histoire originale. Une fois de plus, on comptait sur l'instinct de Flanagan pour venir à bout de cette difficulté et élever le matériau d'origine à un niveau insoupçonné. Pari à nouveau relevé !
Même si "Doctor Sleep" version cinéma est sans doute trop long et n'évite parfois pas l'écueil de temporiser autour de son inéluctable affrontement final (il est même sans doute possible d'en deviner assez tôt la direction globale sans avoir lu le roman), son réalisateur va pourtant réussir l'exploit de rendre bien plus fort les mots de cette histoire par son sens virtuose de la mise en scène et sa capacité à nous plonger dans l'atmosphère troublante émanant de l'étrangeté des forces en présence. Cela commence par le Shining et la connexion qu'il induit entre les individus en ayant la connaissance, les passages "mentaux" du film (on ne peut en dire plus) frise constamment le génie par leur représentation, nous entraînant sans cesse avec eux dans des tableaux visuels où l'inventivité tutoye la fluidité pour nous faire ressentir le champ d'action d'un tel pouvoir et les connexions en dehors de toute réalité perceptible qu'il entraîne. Dans la mouvance de ces "contacts", Flanagan installe savamment les composantes de sa toile d'araignée où les personnages et les lieux s'entremêlent pour développer une tension de plus en plus oppressante en résonance de la future confrontation/épée de Damoclès qui plane sur eux. Aux palpitations grandissantes des premiers échanges des héros et de la menace qui les guette, la bande-son répond avec des chœurs comme aspirés à l'unisson des morts laissés cruellement sur la route du camp adverse. Tout est d'ailleurs fait pour que l'on soit nous-mêmes irrésistiblement aspirés au sein de ses enjeux, les interactions entre Abra (Kyliegh Curran) et Rose (Rebecca Ferguson, absolument géniale) ne cessent de monter en puissance avec leur lot de faux-semblants dont les personnages et, par ricochet, Flanagan usent avec une maîtrise ne pouvant qu'emporter l'adhésion.
La dernière partie ne pourra laisser indifférent par l'espèce de point culminant de la démarche de Flanagan qu'elle représente sur bien des formes, elle est à la fois la rencontre de deux époques et celle du cinéma et de l'écrit soudain fondus dans un moule cherchant à camoufler leurs spécificités respectives. Passons sur les artifices utilisés qui seront appréciés selon les goûts ou l'envie d'y croire de chacun, un défaut, peut-être le plus majeur du film, sera bien plus évident : le traitement de Danny Torrance. Comme on l'a explicité auparavant, le personnage sortait magnifié par la manière qu'avait Flanagan de nous faire renouer avec lui et, dans sa globalité, le film nous impliquera avec un certain brio dans sa remontée à la surface grâce à sa relation avec la petite Abra mais, arrivé dans le dernier acte, Danny semblera stagner et avoir un mal fou à vraiment exister comme si le cadre et les deux autres protagonistes à ses côtés prenaient les devants de lui. Son rôle sera bien évidemment déterminant quant à la résolution de l'ensemble mais, au-delà des conséquences inhérentes à l'intrigue, on aura l'impression que le sort intime du personnage en devient accessoire, l'artificialité (et la longueur) d'une scène que l'on évoquait déjà plus haut et dont la force supposée aurait dû exploser à l'écran ne lui auront hélas pas assez rendu justice sur la conclusion malgré une certaine insistance. C'est peut-être là le seul grand échec de Mike Flanagan en bout de course, nous faire avoir vis-à-vis de Danny Torrance le ressenti d'un simple instrument à toute cette histoire alors qu'il aurait dû en être le cœur jusqu'à son terme...
Cela dit, ne boudons pas notre plaisir devant ce qui est la meilleure adaptation d'un roman de Stephen King depuis... eh bien... "Jessie" de ce même Mike Flanagan. Ce dernier s'impose comme le cinéaste le plus doué actuellement pour saisir l'essence d'une histoire de King et la retransmettre avec sa patte personnelle à l'écran. Après tout, il fallait bien un génie en devenir pour en réconcilier deux autres installés en leurs domaines. Avec "Doctor Sleep", Mike Flanagan nous prouve encore un peu plus qu'il est bien parti pour les rejoindre dans leurs sommets...
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Article complémentaire de Wilfrid RENAUD
Attention ça spoile sévèrement les yeux…
"Doctor Sleep" ou quand Mike Flanagan se donna la mission de réconcilier l'écrit et le cinéma...
Mike Flanagan, le réalisateur qui monte |
Et, encore une fois, Mike Flanagan a fait preuve d'une redoutable intelligence afin de concilier les points de vue de King et Kubrick en se posant dans un rôle de médiateur entre les deux. Impossible de gommer la symétrie marquante des plans de Kubrick, les décors si particuliers de l'hôtel Overlook, le visage de fou furieux de Nicholson, les yeux terrifiés de Shelley Duvall ou les "Redrum" répétés du petit Danny Llyod de l'imaginaire du spectateur ? Alors, tout cela ne sera pas ignoré mais réapproprié et ravivé pour nous immerger le plus possible dans l'esprit de son héros malmené par ce traumatisme d'enfance. Grâce à des plans iconiques revisités par le regard moderne de Flanagan (et des astuces qui, on l'imagine sans peine, diviseront), la réminiscence de ces images sur l'état émotionnel du Danny Torrance répondra en effet à l'impact qu'elles ont eu sur le public au fil des années et le conditionnera à éprouver le mal-être qui habite désormais le personnage. Mike Flanagan nous raconte bien évidemment un nouveau prolongement de cette histoire se basant avant tout sur l'écrit de King mais il n'omet jamais rien du lien ténu entre passé et présent et en tire une force incroyable où les maux de Danny Torrance et les choix visuels de Kubrick forment un tout sous la forme de souvenirs partagés en communion par le personnage et le spectateur. Quelle approche audacieuse pour conjuguer deux visions qui s'opposaient jusqu'alors ! D'ailleurs, même King, beau joueur, n'a pu que saluer le talent de Flanagan à cet égard, on ne le contredira pas.
Au-delà de ce choix remarquable qui prendra encore plus de sens dans une certaine partie du film (et qui, toutefois, en montrera également la limite, notamment lors de la séquence d'un face-à-face capital), "Doctor Sleep" avait aussi pour handicap de partir d'un roman certes honorable mais, reconnaissons-le, mineur au regard de son prédécesseur et de bon nombre d'oeuvres bien plus marquantes de King. L'élargissement de cette mythologie "Shining" passait néanmoins par des ramifications intéressantes (son incroyable antagoniste Rose The Hat ou une mise en lumière du Shining sous des perspectives inédites) mais, malgré la plaisante lecture qu'il représentait, l'ensemble se révélait moins indispensable que la puissance de l'histoire originale. Une fois de plus, on comptait sur l'instinct de Flanagan pour venir à bout de cette difficulté et élever le matériau d'origine à un niveau insoupçonné. Pari à nouveau relevé !
Même si "Doctor Sleep" version cinéma est sans doute trop long et n'évite parfois pas l'écueil de temporiser autour de son inéluctable affrontement final (il est même sans doute possible d'en deviner assez tôt la direction globale sans avoir lu le roman), son réalisateur va pourtant réussir l'exploit de rendre bien plus fort les mots de cette histoire par son sens virtuose de la mise en scène et sa capacité à nous plonger dans l'atmosphère troublante émanant de l'étrangeté des forces en présence. Cela commence par le Shining et la connexion qu'il induit entre les individus en ayant la connaissance, les passages "mentaux" du film (on ne peut en dire plus) frise constamment le génie par leur représentation, nous entraînant sans cesse avec eux dans des tableaux visuels où l'inventivité tutoye la fluidité pour nous faire ressentir le champ d'action d'un tel pouvoir et les connexions en dehors de toute réalité perceptible qu'il entraîne. Dans la mouvance de ces "contacts", Flanagan installe savamment les composantes de sa toile d'araignée où les personnages et les lieux s'entremêlent pour développer une tension de plus en plus oppressante en résonance de la future confrontation/épée de Damoclès qui plane sur eux. Aux palpitations grandissantes des premiers échanges des héros et de la menace qui les guette, la bande-son répond avec des chœurs comme aspirés à l'unisson des morts laissés cruellement sur la route du camp adverse. Tout est d'ailleurs fait pour que l'on soit nous-mêmes irrésistiblement aspirés au sein de ses enjeux, les interactions entre Abra (Kyliegh Curran) et Rose (Rebecca Ferguson, absolument géniale) ne cessent de monter en puissance avec leur lot de faux-semblants dont les personnages et, par ricochet, Flanagan usent avec une maîtrise ne pouvant qu'emporter l'adhésion.
La dernière partie ne pourra laisser indifférent par l'espèce de point culminant de la démarche de Flanagan qu'elle représente sur bien des formes, elle est à la fois la rencontre de deux époques et celle du cinéma et de l'écrit soudain fondus dans un moule cherchant à camoufler leurs spécificités respectives. Passons sur les artifices utilisés qui seront appréciés selon les goûts ou l'envie d'y croire de chacun, un défaut, peut-être le plus majeur du film, sera bien plus évident : le traitement de Danny Torrance. Comme on l'a explicité auparavant, le personnage sortait magnifié par la manière qu'avait Flanagan de nous faire renouer avec lui et, dans sa globalité, le film nous impliquera avec un certain brio dans sa remontée à la surface grâce à sa relation avec la petite Abra mais, arrivé dans le dernier acte, Danny semblera stagner et avoir un mal fou à vraiment exister comme si le cadre et les deux autres protagonistes à ses côtés prenaient les devants de lui. Son rôle sera bien évidemment déterminant quant à la résolution de l'ensemble mais, au-delà des conséquences inhérentes à l'intrigue, on aura l'impression que le sort intime du personnage en devient accessoire, l'artificialité (et la longueur) d'une scène que l'on évoquait déjà plus haut et dont la force supposée aurait dû exploser à l'écran ne lui auront hélas pas assez rendu justice sur la conclusion malgré une certaine insistance. C'est peut-être là le seul grand échec de Mike Flanagan en bout de course, nous faire avoir vis-à-vis de Danny Torrance le ressenti d'un simple instrument à toute cette histoire alors qu'il aurait dû en être le cœur jusqu'à son terme...
Cela dit, ne boudons pas notre plaisir devant ce qui est la meilleure adaptation d'un roman de Stephen King depuis... eh bien... "Jessie" de ce même Mike Flanagan. Ce dernier s'impose comme le cinéaste le plus doué actuellement pour saisir l'essence d'une histoire de King et la retransmettre avec sa patte personnelle à l'écran. Après tout, il fallait bien un génie en devenir pour en réconcilier deux autres installés en leurs domaines. Avec "Doctor Sleep", Mike Flanagan nous prouve encore un peu plus qu'il est bien parti pour les rejoindre dans leurs sommets...
Une Rose dans le labyrinthe |
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Article complémentaire de Wilfrid RENAUD
Attention ça spoile sévèrement les yeux…
Difficile de rester objectif face à un film dont on a lu
le roman initial, un mois avant sa sortie.
En état, n’en déplaise aux aficionados du Shining de
Kubrick, Docteur Sleep est une bonne
adaptation que je reverrais plus facilement plutôt que de me retaper l’auteurisante vision
de Stanley (revu récemment) et qui me donne plus de nausées que la moquette de l’hôtel
Overlook. Surtout quand Sir Kubrick l’accompagne d’une musique proche de la
saturation et de son célèbre thème d’une poignée de notes au synthétiseur
Bontempi.
Et je passe sur les gros plans des yeux effarés du gamin,
sans doute victime lui aussi des mimiques d’un Nicholson en roue libre qui
polluent tout son personnage. En me relisant bin, non je ne passe pas dessus en
fait, fallait que ça sorte…
Le plus effrayant que ce soit dans Shining (à gauche) ou Docteur Sleep (à droite)
c'est quand même la moquette de l'hôtel...
Après un premier instant de panique où j’entends de
nouveau le dit-thème que je m’étais juré de ne plus m’infliger, je retrouve en
grande partie ce qui faisait le charme du roman de Stephen King. Malgré des
personnages secondaires, mais nécessaires pour approfondir les principaux, qui
sont passés à la trappe, dont la fameuse grand-mère de la petite Abra qui permettait
un twist final sur le lien entre Danny et Abra, le film repose aussi bien sur
ses comédiens que l’ambiance créée par Mike Flanagan. Celui-ci a su
retranscrire les éléments plus visuels du roman dans des scènes maitrisées où
les projections astrales et affrontements mentaux fascinent autant qu’ils donnent le vertige.
Coté casting, une bonne surprise avec Kyliegh Curran dans
le rôle d’Abra, un Ewan mcGregor au diapason avec son personnage et surtout une
impressionnante Rebecca Ferguson, découverte dans un opus de Mission Impossible
(Rogue Nation) et qui ne cesse de confirmer l’intensité et la diversité de son
jeu, rappelant furieusement Michelle Pfeiffer dans ses premiers rôles. Chef d’une
bande de vampires new-age qui aspirent la « vapeur » par des enfants
lorsqu’ils les torturent, leur apportant une longévité proche de l’immortalité,
elle irradie par sa présence chacune de ses scènes. Panthère coiffée d’un
gibus, son regard bleu transperce la nuit et la chair du spectateur. La
combinaison actrice douée et réalisateur inspiré en fait une méchante
charismatique mémorable.
Ayant aussi signé le scénario, le réalisateur Mike
Flanagan réussi donc à concilier le roman de King et le film de Kubrick avec ce
qui manquait le plus dans le Docteur Sleep version manuscrite : un retour
à l’intérieur de l’hôtel Overlook où Danny affrontera ses anciens démons. Mais
je rejoins Frédéric Serbource et son article au-dessus : ici dans son
dénouement, le personnage de Danny n’est finalement pas au cœur du récit et c’est
un peu dommage. Flanagan passe aussi à la trappe la superbe idée de King qui vers
la fin, en seulement deux lignes, m’avait mis la larme à l’œil avec l’intervention
du fantôme de Jack Torrance gagnant sa rédemption en aidant Danny et Abra. Du coup, je me dis que l’histoire idéale se
situe dans un mix entre le film et le roman.
Quand on élève un peu son regard, on s’aperçoit que la
thématique est mine de rien plus répandue quelle n’y parait. Le fameux Docteur
Sleep est le surnom donné à Danny au début de l’histoire où, travaillant en
tant que veilleur de nuit dans un hospice, son don lui permet de pratiquer une
euthanasie mentale auprès des mourants qui ont peur de la Mort, leur apportant
une sérénité avant leur dernier souffle.
L’ange qui soulage face aux démons qui torturent.
Cette thématique du Bien contre le Mal embrasse le genre
fantastique de façon fascinante, surtout quand le coté impitoyable de la vieille Rose trouve son équivalent dans
le caractère de la jeune Abra,
démontrant que la limite n’est pas si claire que cela. Thème pas nouveau mais qui aurait mérité ici d'être approfondi.
Toutefois sous les codes surnaturels de l’histoire,
Stephen King et Mike Flanagan n’ont pas oublié le coté humain: la paternité
et la filiation sont les autres facettes
du film, Danny devenant un père de substitution pour Abra, plus protecteur que
son propre père ne l’aura jamais été.
Une histoire et des personnages attachants pour un King
moins mineur qu’il n’y paraît puisqu’il a réussi à désacraliser Shining sans
lui porter préjudice. Et si chaque adaptation au cinéma possède ses défauts et ses
qualités (j’accorde volontiers un bon point pour le coté anxiogène de la scène
du labyrinthe chez Kubrick mais ça n’ira guère plus loin, ce n’est pas encore
Noël…), il faut voir les deux histoires comme un tout.
Un tout hybride, certes, vu l’écart entre les approches des
réalisateurs, les années séparant les tournages et les avancées technologiques d'un film à l'autre mais qui
donne toutefois une dimension plutôt chouette à la famille Torrance, père & fils….et
nièce…
J’avais prévenu au début que ça spoilait sévèrement les
yeux…Fallait pas aller plus loin si vous n’aviez pas vu le film ni lu le roman.
Moi ils m'ont pris au casting parce que j'avais une tête de future victime.. |
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