POURQUOI CE BLOG ?

Ce blog est destiné à donner un avis sur des films récents. Cela permet de partager une passion commune que l'on n'a parfois pas le temps de faire à cause de nos emplois du temps (sur)chargés.

Les coups de gueule contre les navets et les films qui n'ont pas affolés le cardiogramme ne seront pas évoqués. Il existe un très bon site pour cela : le site de NANARLAND

Bonne visite
Wilfrid RENAUD

mercredi 1 août 2018

MISSION IMPOSSIBLE : FALLOUT

Article de Frédéric SERBOURCE

 C'est incontestable, depuis un troisième opus qui a fait repartir la saga sur de bons rails, les "Mission Impossible" sont devenus la meilleure franchise de blockbusters d'action US, surpassant l'ensemble de ses rivales qui pouvaient prétendre à ce titre si convoité. Mais, à la sortie de chaque nouvel épisode, une question revient inlassablement : comment vont-ils pouvoir surpasser le précédent ? En effet, chaque film semble atteindre un tel firmament de scènes impressionnantes qu'il devient presque impossible de pouvoir en imaginer de nouvelles pouvant les dépasser. Et, pourtant, à chaque fois, le miracle se produit à l'écran : chaque nouvel épisode réussit le pari fou de surclasser son prédécesseur en termes d'action et de séquences absolument folles où Tom Cruise se démène comme un diable dans des cascades de plus en plus spectaculaires. Une nouvelle fois réalisé par Christopher McQuarrie, "Fallout" ne faillit pas à la règle et fait passer les morceaux de bravoure de "Rogue Nation" (Ethan Hunt collé à un avion en plein décollage, l'attentat à Vienne ou encore la poursuite en moto au Maroc) pour un parcours d'obstacles destiné à des petits chatons à trois pattes.
 
Avec l'arrestation de Solomon Lane, Ethan Hunt pensait en avoir fini avec le Syndicat, cette nation dissidente composée d'ex-agents prêts à tout pour établir un nouvel ordre mondial à coups d'exterminations de masse. Pas de bol, les anciens membres, devenus désormais les Apôtres, continuent leurs activités anarchistes sous l'égide d'un nouveau venu, John Lark, et préparent trois bombes nucléaires en guise de feu d'artifice final ! Flanqué d'un agent de CIA, August Walker (Henry Cavill), chargé de le surveiller, Ethan se rend à Paris pour tenter d'intercepter Lark avant qu'il ne parvienne à mettre la main sur le plutonium nécessaire à ses plans funestes...

Au niveau de l'intrigue, "Fallout" se présente comme une suite très directe de "Rogue Nation" (les personnages de Rebecca Ferguson et Sean Harris y ont à nouveau une place prépondérante) mais aussi, quelque part, comme une sorte d'épisode ultime à la fois par le fait de mettre ses personnages réellement dans l'urgence d'un danger de mort (on a vraiment le sentiment que tout le monde peut y passer cette fois comme en témoigne l'ouverture à Berlin) et en prenant la forme d'une sorte de pot-pourri de tout ce qui a fait la solidité scénaristique de la saga. Évidemment, sur un plan global, on nage en terrain plus que familier, les balises habituelles de "Mission Impossible" sont bel et bien présentes avec les changements de pays en fonction de retournements de veste parfois prévisibles et le tout va s'acheminer à empêcher une nouvelle fois une explosion nucléaire dantesque dans les dernières minutes mais l'essentiel n'est pas là. L'habileté de ce nouveau film réside avant tout dans les stratagèmes mis en place par une nébuleuse de personnages poursuivant chacun leur propre objectif en orbite autour des piliers formés par Ethan Hunt et son équipe qui vont tout faire pour les contrecarrer avec une ingéniosité jamais avarde de mini-twists. Rarement un "Mission Impossible" n'aura fait s'affronter autant d'intérêts personnels antagonistes pour chercher à faire naître la surprise de leurs interactions et élargir toujours plus le champ d'une intrigue dont on croit pourtant connaître tous les ressorts.

 Ajoutez à cela une dimension émotionnelle non négligeable apportée par les jolis yeux embués du personnage de Rebecca Ferguson (encore meilleure que dans le précédent) sur celui d'Ethan Hunt dont elle découvre peu à peu l'humanité et les failles ou l'opposition virile inédite entre Hunt et August Walker, une sorte de miroir juvénile et brutal du héros, et vous obtiendrez sans aucun doute un des épisodes de la franchise qui fourmille le plus de propositions nouvelles dans un cadre et une formule pourtant bien établis.
Bien entendu, impossible de ne pas aborder les séquences d'action toutes aussi démentes les unes que les autres. Après un début étonnamment calme préférant installer les évènements à venir, l'arrivée tonitruante de Hunt à Paris pour une grande partie du film marque enfin le début des hostilités ! D'une scène incroyable de baston aux toilettes à la folle course-poursuite dans les rues de la capitale pour ne citer qu'elles, l'excursion française de l'agent Hunt prend de sérieux airs de sommet de la franchise toute entière avec une véritable générosité à tirer profit de toutes les spécificités que lui offre le decorum parisien ! Un vrai régal qui nous laisse à peine le temps de respirer avant de nous envoyer gambader sur les toits londoniens dans une course contre la montre haletante où l'on reconnait sans mal la scène qui a valu une cheville brisée à Tom Cruise.
Seul petit hic, aux trois quarts de sa durée, "Fallout" connaît un petit temps mort avant de se lancer dans son dernier acte qui nous fait réaliser son imposante durée (2h30, le plus long de la saga) mais, comme pour s'en faire pardonner, ce sixième film nous offre tout simplement la dernière partie la plus démentielle que l'on ait vu dans un "Mission Impossible" avec notamment une poursuite en hélicoptères qui restera dans les annales du genre, rien que ça.

"Fallout" est un modèle de ce que peut nous offrir de mieux le cinéma d'action américain. Ni plus, ni moins. Et autant par cette faculté à renouveler les ingrédients qui composent sa formule bien connue pour une offre à chaque fois différente que par sa capacité à repousser les limites du spectaculaire devenu sa marque de fabrique. "Comme d'habitude." nous dira Ethan Hunt. Oui, comme d'habitude, Ethan, et avec la manière qui plus est ! Vivement le septième !
 

dimanche 1 juillet 2018

STAR-WARS : DE 1977 à NOS JOURS



Vu de l'extérieur, il y a un sacré bordel là-dedans...Mais pas de panique.

Article thématique de Wilfrid RENAUD

LE RÉVEIL DE LA FORCE était sorti sur les écrans français le 16 décembre 2015.
Voilà donc après dix ans d'absence, le septième épisode de la saga tant attendu par des millions de fans. Changements sur tous les fronts, nouveaux personnages, nouveau réalisateur et surtout nouveau financiers.
Racheté par la filiale Disney, Lucasfilm n'était plus dépendant de Georges Lucas. 
Il y a eu des hauts et des bas depuis. L'occasion de faire le point après deux nouveaux épisodes et deux spin-off.( Rogue One et Solo)
J'ai mal aux cheveux......

Force est de constater que justement la nouvelle génération de jeunes spectateurs ne connaissent pas la Force, les Jedi et ont vaguement entendu parler de Dark Vador. 

Impensable pour le presque cinquantenaire que je suis. Donc, je me fends d'expliquer en long et en large chaque film depuis 1977. Deux trilogies dont les premiers épisodes ont été réalisés après les trois suivants...


Attention, ça peut donner mal à la tête après les fêtes de fin d'années.

Quant à ceux qui connaissent la saga depuis son origine, ils auront des frissons liés aux souvenirs cinématographiques de chaque film et de leurs "scènes qui déchirent".
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1977-1983
La trilogie originale qui a bercé l'adolescence de milliers d'ados. 
Aussi populaire à l'époque que peut l'être Harry Potter ou Hunger Games maintenant. On y parle de conflit galactique, d'hyper-espace et d'histoire de familles qui se règlent à coup de sabre-laser. Ce n'est pas du Shakespeare mais jamais la métaphore entre le Bien et le Mal n'avait été présenté de manière aussi fun. Préparez-vous à avoir des étoiles plein des yeux sur une musique désormais légendaire de John Williams.

Petite parenthèse pour les néophytes : la Force est un truc mystique qui lie chaque être et chaque chose. Et ceux qui la maitrisent sont capables de télékinésie et de télépathie, et même de lire un peu l'avenir. 
Pour plus de renseignements, veuillez consulter Maitre Yoda dans  STAR-WARS V : L'empire contre attaque (1980)
Fin de la parenthèse.


1977- La guerre des étoiles
Réalisé par Georges Lucas
Épisode IV : rebaptisé plus tard "Un nouvel espoir", car "La guerre des étoiles" (Starwars) allait devenir le nom général pour toute la franchise.
Succès phénoménal à sa sortie alors que la science-fiction n'était pas franchement dans ses beaux jours à cette période, le film devient culte. Brassant différents genres cinématographiques, créant un univers cohérent et surtout des personnages attachants. 


Le film permet de sortir trois acteurs de l'anonymat : Mark Hamill (Luke), Carrie Fisher (Léa) et surtout Harrison Ford (Han Solo) qui allait devenir la superstar que l'on connait pour au moins les deux décennies suivantes, grâce à une autre franchise : "Indiana Jones". Mais ça, c'est une autre histoire.
Il compte également deux acteurs renommés et pas des moindres : les anglais Peter Cushing (plusieurs Sherlock Holmes à son actif) et Sir Alec Guinness, oscarisé pour son rôle dans "Le pont de la rivière Kwaï" en 1958 qui tient ici le rôle phare d'Obi-Wan Kenobi.
 Sir Alec Guinness

"Un nouvel espoir" se concentre sur l'Alliance rebelle, une organisation qui tente de détruire la station spatiale Étoile noire, l'arme absolue du très autoritaire Empire galactique. Mêlé malgré lui à ce conflit galactique, le jeune fermier  Luke Skywalker s'engage au sein des forces rebelles après le massacre de sa famille par des soldats impériaux. Son chemin va croiser celui d'Obi-wan Kenobi, un vieux chevalier Jedi, le contrebandier Han Solo et la princesse Leai, figure de proue de la Résistance.

Fais pas le mariole quand je te désigne du doigt.
Le film dévoile aussi le méchant le plus charismatique de l'histoire du cinéma : le seigneur Sith, Dark Vador. 
Imposant, froid, monolithique et puissant. Sa silhouette noire et sa voix filtrée par un respirateur va marquer toute une génération de spectateurs.
Le mythe a été propulsé à la vitesse de la lumière, rien ne pourra l'arrêter.








La scène qui déchire : le combat au sabre-laser entre Obi-wan Kenobi et Dark Vador. Une première dans l'histoire du cinéma. Celle-ci se terminant par la mort tragique du vieux Jedi.














1980-L’Empire contre attaque
 Réalisé par Irvin Kershner
Épisode V : sans doute le meilleur de cette première trilogie et de la saga tout court. 
Mieux réalisé que le précédent (la photographie est à tomber par terre) , meilleure direction d'acteurs, des répliques cultes qui rentrent dans la culture geek et des séquences d'anthologie En veux-tu ? En voilà !




 L'histoire d'amour entre Leia et Han Solo se cimente au fil des épreuves qu'ils traversent et on laisse à la fin de l'épisode, le contrebandier favori du public en de mauvais draps. Une structure narrative exemplaire qui permet aussi d'introduire deux nouveaux personnages emblématiques de la saga. 


Je crois que j'ai un Muppet dans le dos...


Moi, c'est Bobba...non je ne fais pas de rap.
Le chasseur de primes, Bobba Fett et surtout le plus vieux maître Jedi encore en état d’exercer ses talents : Yoda.
Un personnage créé par Frank Oz, le père des Muppets qui deviendra aussi populaire que les autres icônes de la saga pourtant secondaires dans l'intrigue générale, les droïdes C3-PO et R2D2.

L'Empire contre-attaque se déroule trois ans après les événements d’Un nouvel espoir. La guerre entre l'Empire et l’Alliance rebelle, bat son plein. Les héros de l’Alliance, Luke Skywalker et Han Solo se séparent après la déroute sur la planète glacée Hoth. Luke part sur la planète Dagobah afin de suivre la formation de Jedi auprès du maître Yoda. Solo tente lui d’échapper à la chasse spatiale que lui mène Dark Vador, l’apprenti de l’Empereur Palpatine.



La scène qui déchire :  Dans Bespin,  la cité des nuages, après un combat au sabre-laser où la main de Skywalker est tranchée, la voix sifflante de Dark Vador avouant à Luke : "Je suis ton père".
La révélation de la décennie.










1983-Le retour du Jedi
Réalisé par Richard Marquand

Episode VI : Plus froid dans sa réalisation comme une annonciation des ténèbres qui se referment. L'évolution de la tenue vestimentaire de Luke au fil des épisodes indique qu'il peut basculer à tout moment du mauvais coté de la Force.


 








Leia : "Je ne porterais plus jamais de bikini de ma vie."
Des personnages haut en couleurs ponctuent cette nouvelle aventure, l'ignoble Jabba qui détenait Han Solo et Leia, prisonniers dans sa citadelle et les adorables Ewoks, petits guerriers ours de la planète Endor. (Sorte de Minions avant l'heure plus attachants et moins agaçants...quoique...), les séquences avec eux contiennent un humour enfantin qui contrebalance avec celles plus dramatiques entre Luke, l'Empereur et Dark Vador.
Le dernier quart du film joue sur ces deux tableaux et un troisième : l'attaque spatiale de la flotte de l'Alliance rebelle face à celle de l'Empire. Une leçon de cinéma à grand spectacle dans son genre.


Papuche ?


La fin d'un cycle qui marque le retour d'un héros, Dark Vador revenant de façon mémorable du bon coté de la Force afin de sauver son fils Luke, d'où le titre, avant de rendre l'âme.
Pour les personnages principaux, Luke devient un Jedi à part entière tandis que l'histoire d'amour entre Leia et le plus populaire des contrebandiers se concrétise enfin.  

 Il faudra attendre trente-deux ans avant de savoir ce qu'il advient du trio de tête.

Un an après les événements de L'Empire contre-attaque. L'Empire construit une nouvelle station spatiale Étoile de la mort pour anéantir définitivement l'Alliance rebelle, son opposition principale. Pour tendre un piège à la flotte ennemie, l'empereur Palpatine se rend sur la station encore vulnérable. Les dirigeants de l'Alliance lancent donc toutes leurs forces à l'assaut ne se doutant pas que la flotte impériale les attend de pied ferme. De son côté, le jeune Jedi Luke Skywalker, l'un des héros de l'Alliance veut sauver son père Dark Vador du côté obscur de la Force et le rallier à sa cause.

La scène qui déchire :  Sur la planète forestière Endor, Luke et Leia chevauchant des motos impériales, traquant leurs ennemis à grande vitesse et slalomant entre les troncs et les souches d'arbre.
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1999-2005

C'est en voyant l'extraordinaire bond en avant au niveau des effets spéciaux avec Jurassic Park (1993) de son compère Steven Spileberg que George Lucas est convaincu de pouvoir donner enfin corps à l'univers Star-wars tel qu'il l'a imaginé. Cette trilogie va ouvrir la porte de nouveaux mondes à travers de nouvelles planètes aux détails foisonnants.
Si la réussite formelle est parfois superbe, elle crée peu à peu une distance avec les fans de la première trilogie. 
Lucas s'est mis en tête de raconter comment un gosse peut devenir un tyran, comment donc Anakin Skywalker deviendra Dark Vador. Et aussi de façon plus générale comment une démocratie peut basculer en dictature au fil des ans.
Si la narration de cette partie de la trilogie est plutôt réussie, l'autre concernant le jeune Anakin est passablement loupé. Réalisant lui-même les trois volets il ne laisse guère l’opportunité à d'autres réalisateurs de donner un point de vue différent et de combler pas mal de lacunes scénaristiques, polluant même les bases de la première trilogie.
D'où un désaveu d'une grande partie du public.
Explications ci dessous.
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1999-La menace fantôme
 Réalisé par Georges Lucas
Épisode I : Le chevalier Jedi Qui-Gon Jinn (Liam Neeson) et son apprenti Obi-Wan Kenobi (Ewan Mc Gregor)  escortent et protègent la reine Amidala (Natalie Portman) qui voyage de la planète Naboo à la planète Coruscant dans l'espoir de trouver une issue pacifique à un différend commercial interplanétaire. Leur route va croiser celle du jeune Anakin Skywalker (Jake Llyod)  avant qu'il ne devienne un Jedi. Celui-ci est alors un jeune esclave qui semble avoir une forte prédisposition à l'utilisation de la Force. Talonnés par le seigneur Sith Dark Maul (Ray Park), ils vont avoir fort à faire pour protéger à la fois la Reine et le jeune garçon.


Le film surprend tout le monde par sa richesse visuelle, les décors des différentes planètes sont à couper le souffle. On a plaisir à retrouver les Jedi dont Obi-Wan Kenobi sous les traits de l'acteur écossais Ewan mcGregor et le méchant principal Dark Maul est impressionnant bien que rapidement éliminé à la fin de l'histoire.





Plus politique, plus bavard, "la menace fantôme" perd déjà une partie de ses fans d'origine, avec aussi un personnage neuneu et quasi-détesté Jar-jar Binks et hélas la suite ne va pas aller en s'arrangeant malgré des qualités indéniables dans chaque épisode.
Le futur Dark Vador est interprété par un garçon d'une dizaine d'années, Jake Llyod, qui est presque plus convaincant que l'acteur qui va le remplacer dans l'épisode II.







La séquence qui déchire : L’hallucinante course de modules sur Tatouïne, bruits de moteurs et vitesse, pour une victoire remportée par le tout jeune Anakin Skywalker qui montre déjà ses prédispositions de pilote.









2002-L’attaque des clones
Réalisé par Georges Lucas
Épisode II : L'épisode qui fit grincer des dents. En choisissant Hayden Christensen pour incarner Anakin Skywalker, le futur Dark Vador, George Lucas affole le public féminin mais perd définitivement les derniers fans. Trop inexpérimenté, mal dirigé, le jeune acteur canado-américain fait ce qu'il peut mais paraît quasiment toujours à coté de la plaque. Que ce soit dans les tensions avec son mentor Obi-Wan que dans l'amourette à deux balles avec Natalie Portman.


La romance avec la Reine Amidala, Padmé pour les intimes, est d'une mièvrerie sans nom et les séquences sont désespérantes. La légende dit que les fans les plus mordus se sont fait hara-kiri à coup de sabre-laser...

Anakin : J'aime te regarder dans le blanc des yeux... Padmé : ...tu déconnes ?







Heureusement la partie politique est plus intéressante, on y voit la naissance du futur Empire Galactique à travers une armée de clones qui doivent défendre la République contre les séparatistes. Le chancelier Palpatine, futur Empereur, est évidemment derrière tout cela. On peut juste regretter le manque de perspicacité des Jedi et de son conseil présidé, entre autres par Yoda, tellement le chancelier dégouline de félonie. Même ceux qui n'avaient pas vus la trilogie précédente n'ont pas été dupes.
Sur la forme, le film en jette, on découvre dès la séquence d'ouverture la planète Coruscant où siège le sénat et le conseil des Jedi (Un New-york à l'échelle d'un monde) et les passages avec l'armée des clones fait résonner la future dictature qui s'annonce en grandes pompes.


Toutefois, l'utilisation abusive des CGI -Acronyme signifiant "Computer-Generated Imagery", et désignant l'ensemble des images, séquences, animations 3D, effets spéciaux etc. générés sur ordinateur- met une distance avec le spectateur qui a de plus en plus l'impression de voir des séquences d’animation de jeux vidéos. Et les nostalgiques regrettent à juste titre les animatroniques d'antan.
Yoda en est l'exemple parfait et la victime la plus représentative. Il est désormais plus expressif mais paraît moins réel. Surtout avec un sabre-laser en main.
De plus la Force est devenu depuis l'épisode I, un gadget de Jedi qui permet des raccourcis faciles. Bonds ahurissants, déplacement sans peine d'objets et de personnes, la surenchère dans son utilisation efface tout le coté mystique de la première trilogie


Y'a une brebis galeuse parmi nous...

  
En guest-star, Georges Lucas se paye depuis l'épisode I l'incontournable Samuel Jackson en représentant Jedi et surtout, dans celui-ci, le défunt Christopher Lee incarnant le rôle du comte Dooku, seigneur Sith à la solde du mystérieux Dark Sidious. Pour ma part, je le trouve plus à sa place dans "le Seigneur des anneaux" mais bon... 




Et il crée aussi une première passerelle avec la précédente trilogie puisque l'on découvre Jango Fett,qui est à l'origine des clones et qui a conservé l'un d'eux pour qu'il devienne son fils : Bobba.



L'attaque des clones se déroule dix ans après les événements de La Menace fantôme alors que la galaxie est au bord de la guerre civile. Influencés par le maléfique Comte Dooku, des milliers de systèmes planétaires menacent de faire sécession de la République Galactique. La principale opposante à ce projet, la sénatrice et ancienne reine Padmé Amidala est visée par une tentative d’assassinat et se voit affecter l'apprenti Jedi Anakin Skywalker comme protecteur. Le mentor de ce dernier, Obi-Wan Kenobi est quant à lui chargé de démasquer les responsables de l'attentat.





 La séquence qui déchire : L’encerclement d'une quinzaine de Jedi dont Anakin et Obi-Wan qui tiennent tête à un régiment de droïdes de l'armée séparatiste avant que l'armée des clones de la République ne leur porte secours.



2005- La revanche des Sith
Réalisé par Georges Lucas
Épisode III : L'histoire  se déroule trois ans après les événements de L'Attaque des clones alors que la galaxie est enlisée dans un conflit à grande échelle, la guerre des clones. Voyant leur chance de l’emporter s’amenuiser, les forces séparatistes frappent un grand coup, attaquant la planète capitale Coruscant et s’emparent de Palpatine, le Chancelier suprême de la République. Les deux Jedi Obi-Wan Kenobi et Anakin Skywalker se donnent alors pour mission de délivrer le dirigeant républicain, qui s'avère être le seigneur noir Sith Dark Sidious qui manipule les séparatistes. Sous l'influence de ce dernier, Anakin Skywalker bascule progressivement du côté obscur de la Force.





L'épisode qui conclue la trilogie bancale est de loin le moins mauvais mais comporte son lot de faiblesses. Hayden Christensen semble plus à l'aise avec son rôle qui, hélas, est écrit au marteau piqueur. La trilogie précédente nous rabâchait qu'il avait été attiré et avait basculé du mauvais coté de la Force, La revanche des Sith nous montre comment il s'est fait avoir comme un bleu face à Palpatine dans l'espoir de sauver Padmé. 
 

Autre incohérence dans la passerelle entre les deux trilogies, Padmé meurt en mettant au monde les faux-jumeaux, Luke et Leia, alors que cette dernière disait dans Le retour du Jedi " se souvenir de sa mère comme une femme belle mais triste".
Comment polluer les bases d'une histoire en une demi-page de scénario...
La direction d'acteur est toujours à la ramasse, l'acteur jouant Palpatine cabotine du mauvais coté de la Force et même mcGregor est à coté de la plaque dans certaines scènes.
 





 









Pourtant, il y a de beaux moments mais ils tiennent plus du plan technique qu'humain. La bataille dans l'espace au-dessus de Coruscant au début, la scène où les Jedi sont éliminés sur l'ordre de Palpatine par l'armée des clones est aussi une de celle-là. Le montage, la musique et la prise de vue confèrent une intensité dramatique que l'on aurait aimé voir plus souvent.


L'arrivée d'un nouveau "méchant", le général Grevious donne lieu à un duel très spectaculaire contre Obi-Wan au sabre laser et plus crédible que celui avec Dooku. 
Putain, il est balèze avec ses deux bras et trois sabres en plus !



Putain, il est balèze avec ses vingts ans de plus !




Putain, il aurait pu être plus balèze ce scénario !
Grand regret avec l'épilogue qui aurait pu être grandiose si Lucas n'avait pas voulu montrer la transformation obligée d'Anakin en Vador, façon monstre de Frankenstein.
Comment tuer un mythe en un quart de page de scénario et une idée de merde...
Finalement les Sith ont eu leur revanche.












 
 La séquence qui déchire : Le combat final entre Obi-Wan et Anakin sur la planète volcanique est hallucinant. L'enfer paraît tiède à coté. Malgré les incohérences montrant les protagonistes marchant près de la lave en fusion en transpirant un peu plus que d'accoutumée, elle est d'une beauté sans nom. Et le sort d'Anakin se scellant sur les dernières paroles d'Obi-Wan qui l'abandonne à son sort, révèle que tout le monde en avait sous la semelle si les scénaristes et Lucas n'avaient pas traité le potentiel humain de l'histoire par dessus la jambe.

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 2015- Le réveil de la Force.
Réalisé par J.J Abrams

En impression générale pour ce Réveil de la Force, je dirais que le plaisir l'a emporté sur les regrets et les maladresses. Et que j'aurais aimé un peu moins d'humour et plus de gravité.
Je développe ? C'est parti.



"Mais qu'est-ce qu'on fout là ? "...."Tires et fais pas ton intello ! "


Ici, nous nous retrouvons trente après Le retour du Jedi, les choses ont changé, les héros ont vieilli.



Han Solo est redevenu contrebandier, Harrison Ford s'auto-parodie parfois dans son propre rôle avec un plaisir évident. La princesse Leia est toujours général de la Résistance et porte toujours les traits, désormais usés par temps d'années de lutte de Carrie Fisher. Car nous découvrons que les restes de l'Empire vaincu a divergé dans un nouveau mouvement politique: le premier Ordre.
Son représentant le plus redoutable Kylo Ren (Adam Driver) est à la recherche du chevalier Jedi, Luke Skywalker (Mark Hamill), mystérieusement disparu, et n'hésite pas à décimer avec ses soldats d'élite tout un village sur la planète Jakku pour montrer sa détermination.
Mais le premier Ordre n'est pas le seul à rechercher Skywalker.
La Résistance, ultime rempart de la nouvelle République, veut aussi le retrouver pour le convaincre de combattre de nouveau à ses cotés...
Postulat de départ qui montre l'éternel recommencement entre les forces du Bien et du Mal, inhérentes à la saga.
Un pilote de la Résistance, Poe Dameron (Oscar Isaac) a été capturé et interrogé par Kylo Ren .
Poe avait dissimulé un fragment de carte à un petit droïde BB8 lui permettant de pouvoir retrouver Skywalker. Il s'évadera avec Finn (John Boyega)  un soldat du Premier Ordre, les fameux Stormtroopers, qui est loin d'être convaincu de la cause qu'il sert...
C'est là pour moi que ça a pas mal tiqué : la facilité avec laquelle la Résistance accepte le revirement de Finn ("Je passe à l'Ouest parce qu'ici c'est moche"..."Ok, pas de problème"....je grossis à peine les dialogues du film).
Passons sur cette première maladresse. 
Dans leur fuite, leur vaisseau est touché et il se crashe sur Jakku . Finn semble être le seul à se sortir de l'accident, éjecté juste avant. Marchant dans le désert aride de la planète, il va rencontrer la jeune Rey, une pilleuse d'épaves qui va l'aider à rejoindre la Résistance. Ça tombe bien, elle a aussi rencontré le fameux BB8...


...des millions de kilomètres de désert sur une planète et trois personnages primordiaux pour l'avenir de la Galaxie se rencontrent quand même. Heureusement que je suis athée parce que, pour un peu, je croirais presque à l'intervention de la Force.
Difficile de raconter la suite sans dévoiler tout comme un malpropre. 
Un truc quand même car on le sait assez tôt dans le film : Kylo Ren est le fils de Han Solo et de Leia. Il a basculé du mauvais coté de la Force est chargé par le Leader Suprême Snoke (Andy Serkis méconnaissable car encore en motion-capture) de retrouver Luke. Luke étant le frère de Leia, donc l'oncle de Kylo Ren. 
Pour les néophytes, l'histoire de famille devient compliquée ... z'avez qu'à regarder pendant les vacances  les épisodes 4, 5 et 6, vous allez rapidement comprendre...C'est vrai y'a pas qu' Hunger Game et Harry Potter  dans la vie ! Merde !
Bref, un joli nœud Œdipien se profile pour cette prochaine trilogie. Et moi, j'adore les histoires de famille de Star-wars qui se règlent à coup de sabre-laser !

Je vais changer de ton, l'article tombant dans ce que je reprochais au départ : pas assez de gravité. 

Car le film comporte son lot de scènes dramatiques. La plus énorme est la disparition d'un des personnages les plus emblématiques et les plus anciens de la saga. Si vous ne l'avez pas appris par les nombreux spoilers et rumeurs sur le Net, je vous en laisse la surprise.
Une page se tourne et la scène de sa mort m'a mis quand même une petite larme à l’œil. Pour avoir grandi avec la saga originale des années 80, c'est curieux de constater à quel point on peut s'attacher à des personnages, même fictifs.
L'autre scène est l'unique combat au sabre laser entre les nouveaux protagonistes. Brutal et intense. Loin des sauts virevoltants proches de la nausée de la trilogie précédente. Un décor enneigé où les lames brillent de manière incandescente dans la nuit rappelant le combat final de l'Empire contre attaque.
Duel au sabre-laser entre Finn et Rey face à Kylo Ren. Les  deux héros prenant tour à tour le célèbre sabre-laser ayant appartenu à Dark Vador avant que Luke ne le perde dans son combat lors du même épisode (L'Empire contre attaque).
Une séquence où les plus fans de la saga devineront assez facilement à travers le combat sans réel vainqueur le devenir de la prochaine trilogie...



Les nouveaux protagonistes : qui sont-ils d'abord ?
Kylo Ren est interprété par Adam Driver. S'il est assez impressionnant avec son masque, son épée à double garde et sa maitrise de la Force, on va vite découvrir un jeune homme colérique en proie au doute dont la pire crainte est de ne pas être à la hauteur de son illustre grand-père : Dark Vador. 
L'interprétation de ce rôle casse-gueule n'est pas mauvaise. 
Bien meilleure en tout cas de celle de Hayden Chrystensen dans le rôle d'Anakin Skywalker, où le choix et la direction d'acteur avaient été des erreurs dont la saga de Lucas ne s'était jamais réellement remise.
Ici, le jeu d'Adam Driver semble montrer qu'il n'a pas encore tout dévoilé et qu'il en a sous la semelle. Et le prochain épisode devrait confirmer tout le bien que j'en pense.

Le plus sacrifié au profit de l'histoire est celui de Poe Dameron joué par Oscar Isaac. C'est dommage d'avoir un acteur de cette trempe et de lui donner aussi peu de consistance dans le scénario. Et si les yeux du comédien pétillent de bonheur d'être dans cette aventure, j'attends pour ma part plus de surprise que ce rôle trop convenu de "meilleur pilote de la Résistance".

Daisy Ridley & John Boyega : va falloir vous y faire nous sommes les nouveaux visages de la franchise !
Pour les deux protagonistes principaux de ce nouvel opus, je salue le coté gonflé et novateur puisqu'il s'agit quand même d'une femme et d'un black. Les racistes et misogynes de tous poils s'en sont donnés à cœur joie avant même la sortie du film. Ça doit leur faire mal de voir que les deux comédiens seront de retour dans le prochain épisode.

Dans ta face le Ku Klux Klan et ses gros beaufs !


D'abord, John Boyega. Le pauvre fait ce qu'il peut avec le rôle qu'on lui a donné et représente le défaut majeur du film, trop d'humour et pas assez de gravité. Alors qu'il est quand même à ce jour l'unique déserteur connu au sein des Stormtroopers. C'est d'autant plus dommage qu'il semble exceller dans les deux registres ! Il y a un peu de Danny Glover en lui. En tout cas, cet acteur londonien est un élément majeur pour une nouvelle alchimie et je suis curieux de voir ce que la future romance avec le personnage de Rey va donner. (Un métis qui fera encore grincer des dents ? ....Hi ! Hi !)

 Car la complicité après leur fuite avec le Faucon Millénium où ils ont abattu deux chasseurs Tie du Premier Ordre fait plaisir à voir. Et la jeune Daisy Ridley est sans conteste le nouveau pivot du meilleur coté de la Force. A la fois fragile et déterminée, enfant abandonnée à un tuteur avide, elle a la beauté et l'aura des personnages promus à un meilleur destin.





Et ce n'est pas la dernière scène qui me fera mentir puisque le sabre-laser tant convoité et  tendu dans sa main indique clairement à travers une symbolique toujours plus marquée, le passage de relais de génération en génération.

Plus marquée aussi tout le symbolisme religieux de l'épisode, l'épée double-garde fait invariablement penser à celle des croisés au Moyen-âge et à la fin quand la jeune Rey monte les marches du premier temple Jedi avec son bâton de combattante, son attitude respire le pèlerin allant vers une rencontre importante.
D'ailleurs le comportement de Kylo Ren n'est qu'une métaphore à peine voilée des djihadistes extrémistes allant jusqu'à changer de nom et renier leur famille pour servir une cause "plus grande"....arguant fièrement qu'il a tué son ancien lui, Ben Solo, pour devenir un chevalier de Ren.


Le réveil de la Force s'inscrit donc dans l'air du temps mais ne serait pas ce qu'il est avec aussi ses incontournables batailles et ses poursuites de vaisseaux, J. J Abrams nous sert sur un plateau des séquences vertigineuses de maîtrise et se permet même des plans que l'on a jamais vu dans la saga. Du coup, quand je disais que le plaisir l'emporte sur les quelques maladresses et défaut d'un premier opus, je reste confiant dans l'hypothèse que j'avançais depuis un moment sur ce blog. 
Et si Disney était ce qui pouvait arriver de mieux à l'univers Star-Wars ?
Ce réveil de la Force semble aller dans ce sens. Disney a les moyens artistiques et financiers de nous mettre des étoiles plein les yeux. Il faudra aux réalisateurs des deux prochains opus s'affranchir de la trilogie originale et de l'ombre de Lucas pour trouver leur propre ton.
Plus de gravité et moins d'humour serait aussi bienvenu, je sais je l'ai répété au moins trois fois mais c'est tout le mal que je leur souhaite.
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ROGUE ONE (2016)
Réalisé par Gareth Edwards 

Premier spin-off  

L'Empire galactique est sur le point de rendre opérationnel une arme redoutable : L'Etoile Noire.
Un groupe de rebelles appartenant à la Résistance doit impérativement voler les plans qui révèlent une faille. A sa tête, Jyn Erso qui n'est d'autre que la fille du scientifique qui a conçu la puissance de feu de l'Etoile Noire.



Si l'histoire vous dit vaguement quelque chose, c'est normal, puisqu'elle est évoquée dans un bref passage du film "La guerre des étoiles" en 1977. je précise car depuis "Le réveil de la Force" sorti l'an dernier, certains avaient tendance à confondre.
Ce spin-off se situe donc entre l'épisode 3 et 4 de la saga.
Malgré ce coté à part, il s'inscrit via sa bonne facture et ses multiples références aux autres films d'une manière indélébile dans la grande mythologie Star-Wars. On y croise même le temps de deux séquences Dark Vador et un autre personnage essentiel de la saga lors de la dernière image dont je préfère taire le nom pour préserver la surprise.
 Les personnages sont un des points forts de ce chapitre, plutôt bien écrits et bien interprétés. Entre un officier de l'Empire, le directeur Krennic (Ben Mendelsohn) qui cherche à ce que sa contribution à la création d'une arme de destruction massive soit reconnue et parvienne aux oreilles de l'Empereur et le capitaine Cassian Andor (Diego Luna) du service de renseignements, qui jusque là obéit aux ordres de la Résistance dont il n'est parfois pas très fier, un personnage féminin fort et indépendant émerge Jyn Erso (Félicity Jones), tiraillée entre le désir de retrouver son père et celui de fuir l'Empire qui lui a tout pris en l’obligeant à survivre depuis son plus jeune âge.
Cotés personnages secondaires, on peut à ce titre saluer l'effort des producteurs et du réalisateur d'avoir non seulement su créer à travers le groupe qui s'est baptisé Rogue One, une équipe pluriculturelle (mexicain, asiatique et black) mais aussi la justesse de ton dans leur traitement puisqu'elle s'avère être extrêmement attachante et donnera bien du fil à retordre à l'Empire


L'Empire.
Celui-ci ne s'est jamais montré aussi omniprésent et menaçant. De la moindre ruelle d'une ville sur une planète désertique où les troupes patrouillent et contrôlent les habitants aux gigantesques croiseurs stationnant au dessus des nuages, ils sont partout.  L'Etoile Noire elle-même n'a jamais été aussi bien filmée, à la fois majestueuse et bercée d'une aura mortelle, elle devient un personnage à part entière en quelques plans qui n'avaient été jusque là assez traditionnels.

Le spectaculaire n'est pas oublié et si l'utilisation initiale de la nouvelle arme de l'Empire ne trouvera son apogée que dans l'épisode 4 avec la destruction d'une planète, nous avons droit ici en guise de mise en bouche à l'éradication d'une ville entière (qui n'est pas sans rappeler celles qui ont été rasées dans la réalité par des bombes atomiques tristement célèbres), soulevant une croute terrestre de la taille d'une montagne. La séquence fait froid dans le dos et va obliger la Résistance à passer à l'offensive.


C'est là où ça pêche un peu pour moi. Le passage où Jyn Erso s'adresse au Conseil n'est pas un des plus réussis puisqu'elle entame un discours un brin trop moralisateur sur la nécessité de se battre et de s'unir au sein d'une Alliance Rebelle encore fragile, la saga nous avait habitué à moins de bla-bla et plus de circoncision. (D'autant que l'actrice ne semble pas y croire puisque c'est le seul passage où elle joue comme un pied.)


J'avais évoqué plus haut le retour de Dark Vador. Je m'y attendais via la bande-annonce mais je fus surtout surpris de voir celui de...Peter Cushing. L'acteur interprétant l'amiral Tarkin en 1977 est présent afin de coller aux plus près des événements liés à l'Etoile Noire. Mais son exploitation a un goût plus que macabre puisque l'acteur est décédé en 1994 et au lieu de prendre un autre acteur lui ressemblant, le procédé de motion-capture a été utilisé. Choix discutable  qui manque à mes yeux d'éthique. L'Empire n'aurait pas fait pire....


Malgré ces deux détails, le film est réussi et maîtrisé. D'un ton résolument plus sombre que "le réveil de la Force", l'histoire contient tout de même quelques passages d'humour noir via le nouveau robot vedette K-2SO, robot de l'Empire reprogrammé par la Résistance qui dit "tout ce qui lui passe par les fils". Une espèce de grand échalas aux bras trop longs qui ressemble par son caractère à une version tueur à gages de C3PO. Ses réflexions souvent très mordantes ne sont le reflet de ce que les deux protagonistes pensent et ressentent sans se l'avouer ouvertement. Et c'est avec surprise que l'on verra son rôle atteindre un niveau de sacrifice qui n'a jamais été exploité dans l'univers Star Wars puisque son humanité et son courage trouveront une place importante dans la réussite de la mission.
On connait déjà la fin ? Qu'importe.
La démonstration vaut le déplacement.

Gareth Edwards, le réalisateur nous entraine dans un final spectaculaire avec trois séquences d'actions simultanées et surtout parfaitement liées par leur enjeux: Jyn Erso, le capitaine Andor et K-2SO devant s'infiltrer dans une base impériale au sol afin de transmettre les fameux plans à une flotte de Rebelles dans l'espace tandis qu'un groupe de mercenaires occupe les soldats de l'Empire autour de la base. (Schéma déjà utilisé dans la fin du Retour du Jedi). On passera sur le fait que le groupe débarque sur place sans la connaissance des lieux et sans plan préalable, préférant jouer sur l'effet de surprise et l'improvisation.
Les grandes vertus inhérentes à la saga, courage et sacrifice trouvent néanmoins leur point d'orgue dans ce final désespéré. Tendu, tragique et mené à un rythme exemplaire, sur une planète qui évoque l'enfer du Viet-Nam,  c'est un dénouement où, on le sait dans l'épisode 4, les plans atterrissent bien dans les mains de l'Alliance Rebelle mais  les personnages principaux ne s'en tireront pas (Même si on a secrètement un petit espoir à un moment).
Et leurs destins se terminent certes dans une position iconique mais on évite le happy-end sucré, cher au Américains.
La victoire a un arrière-goût amer.
Et leur sacrifice nous livre une ultime image d'un autre personnage emblématique de la saga à travers une fin qui se termine précisément là où "Un nouvel espoir" commence.


C'est bien vu, ça colle parfaitement sans polluer les bases. Et ça conclue l'année en beauté.
Envolez-vous dans les étoiles.

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SOLO (2018)
Réalisé par Ron Howard
2nd Spin-off


La jeunesse de Han Solo où on apprend comment il rencontrera son fidèle Chewbacca et acquerra le Faucon Millenium au détriment du jeune escroc Lando Calrissian.

Le début m'avait un peu refroidi avec une course-poursuite paresseuse d'une mollesse affligeante qui allait à l'encontre de la bande-annonce nerveuse et porteuse de promesses.
Mais au final, même si le film aurait mérité la rigueur d'un Rogue One, il se laisse voir sans déplaisir. Les personnages sont sympas et Alden Ehrenreich reprend, dans le rôle-titre, le flambeau d'Harrison Ford ne manière plutôt convaincante, dans ses mimiques et attitudes, malgré qu''il n'ait évidemment pas le même charisme.




A regretter : une amourette entre les deux protagonistes principaux un peu surfaite ( ils ressemblent à deux lycéens qui veulent fuir l'autorité parentale plutôt qu'à des marginaux type Bonnie & Clyde de l’espace ) et qui n'a pas la même teneur sarcastique que celle de Léia et Solo dans l'Empire contre-attaque.
Au final, un Star-wars sympathique mais mineur, issu d'un tournage chaotique. Et pour recadrer les choses, je pense qu'après l'éviction des deux autres réalisateurs initiaux, Ron Howard a plutôt bien sauvé les meubles. Les clins d’œils au duo légendaire, Solo et Chewie qui prennent possession petit à petit du Faucon Millénium sont savoureux.
N'oublions qu'il est l'homme qui a quand même signé Cocoon, Willow, Appolo 13, Da Vinci Code et Rush, contre ceux qui avaient fait 21 & 22 jump street et ....un film sur Lego...:/ Y'a pas photo à l'arrivée.
L'acteur principal Alden Ehrenreich ayant signé pour deux autres films, il reste à espérer que la vitesse de croisière soit mieux atteinte d'ici là.