Article de Wilfrid RENAUD
Tonto, l'Indien plein de sagesse, raconte l'histoire méconnue qui a
transformé John Reid, un ancien défenseur de la loi, en un justicier
légendaire. Ces deux héros à part vont devoir
apprendre à faire équipe pour affronter le pire de la cupidité et de la
corruption à la grande époque de la conquête du rail.
Nouvelle production Disney, le réalisateur Gore Verbinski, auteur des trois premiers volets de la saga "Pirates des caraïbes, retrouve Johnny Depp pour cette adaption d'une vieille série TV américaine. Sur un fond historique de conquête de l'Ouest, main prise sur les mines d'argent et violation des traités avec les Commanches, dans le but de faire passer le chemin de fer sur leurs territoires, il livre un film plein de rebondissements et parfaitement maîtrisé.
Le coté un peu convenu de l'histoire est largement compensé par l'humour omniprésent.
Le duo Johnyy Depp et Armie Hammer fonctionne à merveille et si on connaissait le potentiel comique du premier, on découvre avec bonheur celui du second (
vu dans Edgar
de Clint Eastwood et dans le rôle des jumeaux de The social Network
de David Fincher).
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Armie Hammer |
Maladroit, gaffeur et idéaliste, Armie Hammer contrebalance avec le flegme "Commanche" de Johnny Depp qui livre encore une composition mémorable avec son corbeau mort sur la tête.
Leur dialogues font mouche notamment avec la présence du magnifique pur-sang "Esprit cheval" qui deviendra la monture attitrée du Lone Ranger.
Les scènes d'actions sur les trains sont lisibles, inventives et donnent lieu à des séquences de bravoures rythmées et pleines d'humour, où on pardonnera le fait que les protagonistes auraient du tomber au moins quinze fois sur les trois premiers kilomètres parcourus.
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Celui tombe le premier a perdu ! .....Tenu ! |
Gore Verbinski n'oublie pas à travers quelques scènes relativement dramatiques le massacre des Indiens au nom des idéaux aussi futiles que l'argent et le développement du chemin de fer et a probablement touché l'américain bien-pensant là où ça faisait mal. Le film a été incendié lui par la critique américaine.
On pourra regretter que le personnage d'Héléna Boham Carter, en tenancière de maison close avec sa jambe en ivoire qui cache une redoutable arme à feu, soit sous-employé (
quelques minutes à l'écran) alors qu'elle apparait sur l'affiche. William Fintcher, lui, habitué aux seconds rôles peu développés livre ici une prestation de méchant assez inattendue qui démontre aussi la frilosité des metteurs en scènes à lui livrer des rôles plus consistants.
Enfin,la production , si elle a mis le paquet sur la reconstitution entre les décors et les costumes, n'oublie pas les grands espaces de l'Ouest, chers à John Ford. Et nos deux héros perdus dans l'immensité des déserts et des pics montagneux avec peu ou pas de végétation, rappellent avec nostalgie une Amérique un peu trop vite oubliée à travers un genre qui renait toujours de ses cendres. Une suite ? On ne demande pas mieux mais en meilleur encore !
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J'ai soif....... |
Article de Johannes Roger :
Le
premier (et le dernier) blockbuster anarchiste produit par Disney.
J’exagère peut être un peu mais au vu de certaines scènes on peut se
demander si les exécutives du studio Mickey on vraiment lu le script
avant de le valider. Si l’on retrouve le goût de l’absurde qui planait
déjà sur les précédents film de Gore Verbinski, sa passion pour les
freaks, les marginaux éclatent ici au grand jour. Il prend même fait et
cause pour les minorités ethniques et rappelle au détour d’une scène de
massacre surprenante que l’Amérique s’est faite avec le sang des
indiens. Mais il ne s’arrête pas là, il s’en prend également à l’armée,
au capitalisme sauvage, il ridiculise même l’hymne américain lors d’une
scène hautement burlesque.
Une scène d’action en particulier est
assez symbolique de l’état d’esprit du film : à l’aide de son lasso, le
Lone ranger détourne une des mitrailleuses qui a servi a tuer les
Indiens, et il envoie une rafale sur les militaires puis sur le groupe
d’actionnaire responsable de tout ce bordel.
Bien sur, la forme est
celle d’un blockbuster classique, beaucoup de bruit et d’agitation, même
s’il sème dans les scènes d’action des moments loufoques bienvenues.
On peut encore ajouter à la liste des charges un personnage de bandit
cannibale, un héros parfaitement improbable tout droit sortis du
folklore populaire américain et des références à foison (Little big man,
El Topo…). Voilà qui est déjà beaucoup pour le public familial visé.
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