Article de Wilfrid RENAUD
S'il
y a une saga qui s'était plutôt bien renouvelée c'est celle des X-men.Du moins jusqu'aux deux derniers films.
A
l'origine, une bande dessinée créée par Stan Lee et Jack Kirby et éditée
chez Marvel en septembre 1963.
Dans l'univers des X-Men, les
mutations sont devenues monnaie courante, octroyant des supers pouvoirs à
une part croissante de la population. Ces qualités surhumaines se
dévoilent en général à l’adolescence, moment critique pendant lequel un
mutant peut sombrer dans le doute et l’égarement ou au contraire peut
arriver à maîtriser ses dons et devenir un individu épanoui.
Afin
de les aider à franchir ce moment difficile, le professeur Charles
Xavier a créé une école spécialisée où il les forme à utiliser leurs
pouvoirs
et à s’accepter eux-mêmes. Il leur apprend également à vivre en harmonie
avec les humains « normaux ».
Mais d’autres mutants, qui n’ont
pas eu la chance de rencontrer le
professeur Xavier, ou qui l'ont rejeté, se sont égarés sur la voie du
mal. Regroupés parfois autour du mutant Magnéto, ils n’ont pour but que
d’affirmer leur prééminence en réduisant l’humanité en esclavage.
Sur
un manichéisme un peu simpliste, Hollywood a su traiter différemment la
saga. Celle-ci compte 10 films dont 3 sur le personnage de Wolverine.
Avec la sortie récente de
X-men :Dark Phoenix voici l'occasion de faire un petit tour d'horizon pour familiariser les néophytes à l'univers
X-MEN de Bryan Singer (2000)
Le
moins que l'on puisse dire c'est que Bryan Singer a su poser les bases
d'une franchise qui est toujours valide presque 20 ans après. Il a
aussi uniformisé les costumes, évitant le coté un peu "gay pride" de la
bande dessinée.
Jugez
plutôt. Il y en avait des bleus, des verts, des jaunes...bref ce qui
passait bien en BD pouvait se gameler sur grand écran, si le metteur en
scène avait voulu rester fidèle au travail du dessinateur Jack Kirby.
Le personnage de Wolverine semble être le mutant principal par lequel
on découvre tout l'univers, toutefois le choix de débuter le film par une scène
datant de la seconde guerre mondiale est plutôt judicieux.
On découvre
ainsi le jeune Eric Lensherr, qui deviendra plus tard Magnéto, victime de
la déportation. Son expérience avec les Nazi justifiera ses actes
révolutionnaires tout au long de la saga.
Le
casting a pour mérite d'avoir deux acteurs shakespeariens dans les
rôles des deux rivaux : Patrick Stewart et l'excellent Ian Mc Kellen
(futur Gandal le gris pour Peter Jackson). Leurs interprétations évitent
l'écueil d'un manichéisme primaire, les divergences et les raisons
psychologiques qui les animent leur incitent à penser que chacune de
leur voie est la meilleure.

X-MEN
se veut ainsi être le porte parole des minorités raciales, les mutants
sont traités injustement comme un danger et certains sont prêts à en
découdre tandis que d'autres essayent de préserver la paix.
On
peut aussi y voir, à travers les plus jeunes mutants, le mal-être d'une
jeunesse incomprise qui peine à trouver sa place dans une société qui la
rejette.
Approche payante, le message passe aussi bien auprès de
la critique que du grand public et le film est un succès. Il permet
dans la foulée de sacraliser un acteur jusque là inconnu, Hugh Jackman
dans le rôle de Wolverine, et d'ouvrir la porte à d'autres films tels
que Spiderman de Sam Raimi deux ans plus tard.
Les fans
regretteront l'absence d'autres mutants essentiels.Patience, Bryan
Singer et Hollywood n'ont pas mis tous leurs œufs dans le même panier.
X-MEN 2 de Bryan Singer (2003)

Là
encore c'est la scène d'ouverture qui scotche le spectateur avec
l'arrivée d'un nouveau mutant : Kurtz Wagner alias Diablo. Celui-ci a le
don de se téléporter et son incursion dans la Maison Blanche où il
élimine systématiquement tous les membres de la sécurité pour délivrer
un message personnel au Président, fait mouche.
Le
personnage est manipulé par une tierce personne, Stryker (excellent
Brian Cox) bien décidé à déclencher une guerre entre mutants et
humains. Le scénario est cette fois plus malin, plus complet dans sa
conception et en font pour moi l'un des meilleurs épisodes de la saga.
Le
metteur en scène n'oublie pas non plus le message social derrière le
show. Lorsqu'un jeune homme annonce à ses parents qu'il est mutant, la
réaction de la mère qui lui demande "Mais tu n'as pas essayé de ne pas
en être un ?" fait invariablement penser à une sortie de placard d'un
jeune homosexuel.
Le film assied la notoriété de Hugh Jackman dont
l'intrigue tourne autour de ses origines, sans toutefois trop en
dévoiler, mais permet aussi à trois actrices de tirer leur épingle du
jeu dans cet univers essentiellement masculin.

Famke
Janssen et Halle Berry dans les rôles de Jean Grey et Tornade. La
première, qui sera un élément clef du 3ème opus, est au centre d'une
rivalité entre Cyclope et Wolverine, la seconde, parfois un peu sous
employée (
Oscarisée pour "A l'ombre de la haine"), demeure un
personnage sympathique et souvent plein de compassion. Et puis surtout,
Rebecca Romji-Stamos dans le rôle de Mystique. Mystérieuse, vénéneuse,
cette femme caméléon s'avère être une arme redoutable aussi bien dans
les corps à corps que dans les missions d'infiltration.
Ce deuxième opus permet aussi de voir son vrai visage, méconnaissable sous le remarquable maquillage bleu.
On
regrettera que celui qui est censé être le leader de l'équipe,
"Cyclope" (l'acteur James Marsden), soit relégué au rang de second rôle
au détriment des autres mutants. De même que l'apparition furtive de
Colossus, membre pilier de l'équipe dans la bande dessinée.
Le
film est néanmoins un succès et une trilogie se profile dans les yeux
des producteurs hollywoodiens. Et si la scène finale, avec l'apparition
du futur Phénix au fond du lac qui a vu la "mort"de Jean Grey, laisse
présager que le meilleur reste à venir, les fans vont vite déchanter
avec le 3ème opus.
X-MEN l'affrontement final
de Brett Ratner (2006)
Changement de taille, le réalisateur.
Bryan
Singer est remplacé par Brett Ratner. Le premier est allé tourner son
"Superman Returns", le second a une filmographie bâtarde allant du bon,
"Dragon rouge" à la casserole, "Rush Hour".

Il
va déstructurer d'une manière assez infantile tout ce qui avait été mis
en place depuis le premier épisode. Vu de loin, ce 3ème chapitre montre
carrément une invasion de nouveaux mutants (
pourtant suffisamment nombreux dans les précédents) qui ne servent absolument à rien (
Angel )
mis à part à démontrer la maestria des effets spéciaux, au détriment de
l'élimination de certaines figures emblématiques dont Cyclope, Mystique
et Xavier. Quand ce n'est pas des affrontements bidons entre des
personnages secondaires de plus en plus caricaturaux. (I
ceberg et
Pyro, la glace et le feu, le méchant étant expédié par un coup de tête
et une phrase laconique, snif si ce n'est pas malheureux).
Pourtant le film avait deux bonnes idées. Qui auraient mérité deux films entiers.
D'abord,
l'invention d'un "médicament" qui permet de guérir de la mutation, d'où
l'enjeu du film, la mutation n'étant pas considérée comme une maladie
par ceux qui s'y opposent.

Et
surtout le retour de Jean Grey en Phénix Noir. Véritable déesse de
l'Apocalypse, son image à peine esquissée dans le précédent épisode
laisse présager une apparition dantesque dans celui-ci. Si l'actrice
Famke Janssen est en symbiose complète avec son personnage, ses
apparitions sont malheureusement moins spectaculaires que les
conséquences de ses actes. Point d'oiseau de feu derrière le personnage
au cinéma, dommage.
Reste
quelques belles scènes, l'affrontement psychique-et dramatique- entre
Jean Grey et Xavier dans la maison de son enfance. Le détournement
hallucinant du pont de San Francisco par Magnéto sur l'île d'Alcatraz et
le chaos final qui met un terme à ce joyeux foutoir.
Le film
permet d'introduire aussi un mutant récurent que l'on retrouvera un peu
plus tard dans un autre chapitre : Hank Mc Coy alias Le Fauve( l'acteur
Kelsey Grammer) Un ingénieur caché sous une apparence bleue poilue.(
Oui, ils aiment le bleu chez Marvel) .
Sa rencontre avec Wolverine donne lieu à une des répliques les plus drôles du film.
Hank (
en référence à son agressivité) : "Il paraît que tu es un vrai animal !"
Wolverine (
après un haussement de sourcil) : "Tu ne t'es pas regardé"
X- MEN ORIGINS: Wolverine de Gavin Hood (2009)
Très populaire auprès des fans, le personnage de Logan dit Wolverine (
et par conséquence l'acteur Hugh Jackman)
a droit à son propre long métrage. Le but étant de montrer comment il
est devenu l'homme aux lames d'acier. Rappelons aussi que le mutant a un
pouvoir de régénération et qu'il est par conséquent impossible de lui
donner un âge. (
Cherchez pas, il n'y a que chez Marvel que ça existe ce genre de trucs)
Si le générique, où on le voit aux cotés de son frère (l'acteur Liev
Schrieber), traverser toutes les batailles depuis la guerre de Sécession
à celle du Viet-nam, nous met des étoiles d'espérance pleins les yeux
par la maîtrise de la séquence, le film nous laisse vite une impression
de rendez-vous manqué.

Celui-ci
devait tourner autour du personnage de Wolverine et on se retrouve,
encore, avec une cohorte de mutants plus caricaturaux les uns que les
autres. Même Wolverine, qui a un coté sanguinaire dans la BD, est
complétement aseptisé et ressemble pour sa période amoureuse à Charles
Ingalls dans "la petite maison dans la prairie" (
Un comble !)
Quand à ses fameuses origines, une expérience de labo qui lui a permit
d'avoir son squelette en adamantium, métal indestructible (
Cherchez pas, là encore c'est signé Marvel),
les séquences de flash-back du deuxième épisode étaient suffisantes et
ce long-métrage apporte plus de regrets que de plaisir.
 |
| Rhaaaa ! Je suis en colère ! |
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X-MEN: le commencement
de Matthew Vaughn (2011)
Les
compteurs sont remis à zéro puisque ce film se concentre sur la
rencontre et l'amitié de Charles Xavier et Eric Lensherr dans les années
soixante. La bonne idée : avoir su intégrer l'histoire fictive dans une
page de l'Histoire: la crise des missiles cubains dans la baie des
Cochons sous la présidence de Kennedy.
Réalisé par celui à qui on
doit Kick-Ass, le film navigue entre le fantastique et l'espionnage,
agrémenté de touches d'humour non négligeables.
Coté
interprétation si James Mc Avoy est convaincant dans le rôle du
Professeur Xavier, celui qui crève carrément l'écran c'est Michaël
Fassbender dans le rôle d'Eric Lensherr alias Magnéto.
Sa
présence et son interprétation irradie complétement le film. A la fois
en force, en rage et en subtilité, l'acteur est un atout précieux dans
la saga. On passera sur les deux scènes d'introduction quand ils sont
enfants, pour moi complétement loupées et à coté de la plaque. Par
contre, les scénaristes auraient pu éviter de "polluer les bases". Des
incohérences chronologiques, Xavier se prend la balle qui va
l'handicaper à vie à la fin du film alors qu'au début du 3ème opus, un
peu plus vieux, il marche parfaitement. De même que sa relation quasi
fraternelle avec Mystique, avant qu'elle ne change de camp, qui semble
tomber de nulle part puisqu' il n'y a aucune référence dans les autres
films.

Outre ces défauts mineurs, le film assure le show et des séquences emblématiques deviennent rapidement cultes :
- Eric Lensherr éliminant d'anciens gardiens de camps de concentrations.
- l'entrainement très drôle des futurs x-men.
- l'infiltration de Charles et Eric dans la maison privée d'un haut gradé soviétique.
-
le pouvoir de Magnéto dans toute sa démesure: il soulève au dessus de
l'eau un sous marin nucléaire pour le faire échouer sur une plage et
détourne une bonne cinquantaine de missiles vers les navires qui les ont
envoyé.
On
retrouve ici le personnage Mc Coy alias Le Fauve, interprété par un
acteur plus jeune, Nicolas Hoult, qui est le seul parmi la jeune équipe a
être moins caricatural et finalement plus complexe qu'il n'y paraît. Sa
métamorphose est due à un sérum qui devait le rendre plus humain (
il avait juste des pieds un peu larges au départ, genre je chausse du 60)
mais qui aura l'effet inverse. Acte risqué, par amour pour Mystique,
qui elle assumera de son coté, sous l'emprise de Magnéto, sa condition
de mutante.

A
la fin du film, les camps opposés se forment, la saga x-men est plutôt
bien amenée et récupère une bonne partie des fans, notamment grâce une
ambiance un peu James Bond période 60's.
Quand au vrai
méchant de cet opus, il est interprété, toujours avec classe, par
l'excellent Kevin Bacon, qui a su capter tout le coté manipulateur de
son personnage, Sébastian Shaw.
WOLVERINE le combat de l'Immortel de James Mangold (2013)
Autant
le dire tout de suite, Hugh Jackman et James Mangold sont passés à coté
d'un grand film. L'histoire se situe après le 3è épisode, et Wolverine
traîne son âme en peine depuis la mort de Jean Grey avec laquelle il
dialogue dans ses rêves. Un vieil ami se meurt au Japon et il part lui
rendre hommage avant son dernier souffle mais se fait voler ses
capacités génératrices pendant son sommeil par une mystérieuse
organisation.
Il
y avait de la matière dans cet opus. Logan, mutant sans foi ni loi,
débarquant dans un Japon corrompu où demeure toutefois d’ancestrales
traditions, fragilisé alors qu'il a besoin de tous ses pouvoirs pour
sauver des innocents,mettant ainsi un terme à sa culpabilité (
il a porté le coup fatal à Jean Grey, la femme qu'il aimait, pour l'empêcher de nuire).
Si les trois quarts du film demeurent plutôt matures pour ce genre de
long-métrage, la fin replonge dans les poncifs du genre : avec un
samouraï géant en acier et un sabre enflammé qu'on croirait sorti d'un
jeu vidéo. Mais aussi une vilaine mutante et ses poisons à deux yens,
sans compter l'essentiel qui était dans le titre : une réflexion sur
l'immortalité qui passe à la trappe. Dommage.
 |
| Y'a moyen d'avoir un bon film avec mon personnage ? |
X-MEN : days of future past de Bryan Singer (2014)
Retour
au sources, puisque c'est Bryan Singer qui reprend la saga en main et
réussit à mettre sur pellicule tous les protagonistes des deux
générations avec cette histoire de voyage à travers le temps. Dans un
futur apocalyptique et incertain, les Sentinelles traquent et éliminent
les mutants qui refusent de se soumettre mais aussi les humains qui les
aident et qui sont susceptibles d'engendrer des mutants.
Pour
échapper à ce cauchemar, Wolverine est envoyé dans les années 70 à une
date fatidique où il doit convaincre les jeunes et inexpérimentés x-men
de changer le cours de l'Histoire.

Si
on peut regretter que la vision "futuriste" se limite à quelques plans
de ghetto et au retranchement des derniers mutants rebelles dans un
monastère chinois, le plaisir de croiser tous les personnages est total.
La relation entre Xavier et Magnéto s'étoffe encore à travers leurs
dilemmes personnels et on a droit à quelques scènes d'anthologie dont
celle avec Vif Argent qui met hors d'état de nuire des policiers en un
clin d'oeil...fatal.
Moins réussi que son prédécesseur signé Matthew Vaughn mais très plaisant tout de même.
Le
tout se termine plutôt bien et refonte les bases de ce qui avait été
fait montrant que les personnages sont tous prêt pour un nouveau départ
et de nouvelles aventures.
X-MEN : Apocalypse de Bryan Singer (2016)
Bon
ce n'est pas le plus réussi de la saga. Si quelques morceaux de
bravoure subsiste et si les acteurs principaux arrivent encore à tirer
leur épingle du jeu. ( Michaël Fassbender et James mcAvoy en tête),
l'univers peine à se renouveler cette fois-ci. En situant le film dans
les années 80, on retrouve les mêmes personnages mais en plus jeunes,
Magnéto est éclipsé par le demi-Dieu qui s'est nommé modestement
Apocalypse et c'est là que le bas blesse. Le début démarrait mal
puisqu'il me faisait penser à "la momie" de Stephen Sommers et la suite
n'allait pas s'arranger. Outre le look kitsch ultra-violet du personnage
(Oscar Isaac s'en tire assez bien avec ce rôle casse-gueule), tout le
sous-entendu social sur la différence et la peur de l'autre est passé à
la trappe pour un conflit entre les "gentils" et les "méchants". Ce qui
faisait la force de la saga n'est plus et c'est d'autant plus étonnant
que Bryan Singer a toujours soigné le fond.


La
scène de sauvetage avec Quicksilver en est l'exemple le plus frappant
puisqu'elle est une variante plus large de l'épisode précédent mais
fonctionne beaucoup moins bien à travers le choix d'une chanson un peu
convenue et le terrain de jeu trop vaste qu'est l'école de Xavier, en
comparaison la cuisine du précédent opus offrait bien plus
d'opportunités et d'inventivités.
Si le film reste plaisant, on
constate une baisse de régime mais la capacité de la saga à se
réinventer devrait dans l'avenir offrir de meilleurs épisodes.
LOGAN de James Mangold (2017)
Article de Jacques Coupienne
"Sometimes, trust the hype ..."
Oui car, même si c'est loin d'être toujours le cas, une excellente rumeur peut aussi cacher ... un excellent film !

Donc, pourquoi avoir tant apprécié ce "Logan" ?
- parce que James Mangold est un réalisateur de grand talent qui a
entre autres donné "3h10 pour Yuma" (encore un très bon remake, tiens,
au moins égal à son modèle ...), un des tous meilleurs rôles de Stallone
via "Copland" et un précédent Wolverine intitulé "Le combat de
l'immortel" qui envoyait déjà du bois (surtout en version longue) même
si ce "Logan" le dépasse finalement sur tous les plans ...
-
parce que, loin des paradoxes temporels forcément un peu abscons et
capillotractés, le scénario se veut ici d'une simplicité quasi biblique :
un road movie classique mais la réalisation et l'interprétation font
toute l'énorme différence (un peu comme dans "Mad Max : Fury road") avec
un blockbuster lambda et sans âme ...
- parce que pas de capes,
de supercostumes et de grands méchants un peu ridicules (comme dans "
X-Men : Apocalypse") : ici, on est plus proche du film noir que du
superheromovie. D'ailleurs, pas d'apparition de Stan Lee. Qui a dit
"Tant mieux " ?
- parce que, de la même manière que Sean Connery
fût le James Bond définitif, Hugh Jackman EST Wolverine. Un physique
statuesque, certes, mais aussi un véritable acteur capable de nuances et
de grandes variations de jeu : ce qui le met évidemment bien à l'écart
de la cohorte des gros bras à petites têtes (placez ici le nom de votre
costaud le plus honni : à chacun les siens).Ici, le héros est fatigué,
harassé, couturé de partout : il n'en est évidemment que plus attachant
...
- parce que le métrage est l'adieu du comédien au personnage
et qu'il a le bon goût d'être le meilleur de la série (X-Men compris)
ceci probablement aussi parce qu'il s'éloigne beaucoup des canons de la
franchise.
- parce que les références de Mangold sont plus à
chercher du côté du film noir, de Mad Max ou du western : à cet égard,
le parallèle avec le classique "Shane" de Georges Stevens avec Alan Ladd
et Jack Palance est plus qu'appuyé : il est de pires références, je
crois ...

- parce que la jeune Dafne Keen est tout à fait
impressionnante (sans en faire des tonnes comme c'est souvent le cas des
enfants stars) et fait au final passer la Hitgirl de "Kick ass" pour le
prototype de l'enfant sage et inoffensive ...
- et, à ce sujet,
vous le savez déjà car on en parle un peu partout : le film est vraiment
d'une violence rare - pour ne pas dire jamais vue - compte tenu de son
public/coeur de cible. Et j'avoue que ça me va très bien tant j'en ai
ras la casquette des dilemmes moraux et existentiels de ces super héros
en peau de lapin qui se demandent à longueur d'épisodes s'ils ont le
droit de tuer psychopathes et autres terroristes. Ici, ça charcle et ça
fait du bien : vive la catharsis !
- parce que l'humour est rare
et jamais lourdement appuyé : le film est et restera sombre jusqu'au
bout. On n'est pas là pour rigoler ...
- enfin, parce que ça m'a
fait tout drôle d'assister à la fin de parcours de ce personnage ultra
charismatique parce que terriblement imparfait et donc humain :
l'émotion est donc AUSSI au rendez - vous !
Filez donc voir "Logan", Bon Dieu ...
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Article complémentaire de Wilfrid Renaud
Avec le précédent opus "Le combat de
l'immortel", James Mangold n'était pas passé loin d'un grand film. C'est
ici largement rattrapé. Sauvage, violente, l'aventure ultime du mutant
griffu n'en est que plus émouvante puisque son squelette indestructible
en Adamantium a fini par l'empoisonner et le rendre mortel.
La
paternité et le passage de relais sont aussi au cœur de l'histoire avec
la jeune actrice Dafne Kee, qui tient la dragée haute à Hugh Jackman
et Pactrick Stewart.
Ce
dernier est particulièrement touchant, le professeur Xavier, créateur
des célèbres x-mens, ici tous morts, apparait vieilli et malade, atteint
d'une dégénérescence du cerveau, où ses pouvoirs de télépathes en font
une arme incontrôlable dont les crises paralysent son entourage de façon
apocalyptique (la scène du casino-hôtelier est redoutable).
Enfin, en toile de fond, à travers les
expériences génétiques sur des enfants mutants, on peut y voir une
dénonciation extrême du clonage illégal et du traffic d'organes
infantiles.
Le tout se termine dans un baroud d'honneur
enragé et sanglant, où notre Wolwerine se retrouve face au clone de
lui-même, idée qui peut paraître saugrenue au premier abord mais qui
illustre bien le combat intérieur du personnage qui a dû lutter toute sa
(longue) vie contre sa propre sauvagerie pour laisser apparaître son
humanité.
Le tout s'éloigne à la vitesse d'un cheval
au galop des productions Marvel habituelles, pour donner un mix entre le
western et la science-fiction et livre avec générosité le spectacle que
l'on attendait où Hugh Jackman réalise de son coté une belle
performance en même temps que ses adieux au personnage à qui il doit sa
carrière il y a dix-sept ans de cela.
X MEN : DARK PHOENIX de Simon Kinberg (2019)
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Opus
réalisé par Simon Kinberg dont c'est le premier film, je m'attendais à
un truc catastrophique au vu des avis ici et là. Je le trouve meilleur
que le précédent, alors que paradoxalement il traîne les mêmes défauts.
A savoir un casting bancal, qui est fait de comédiens confirmés (James
Mc Avoy, Michael Fassbender, Jennifer Lawrence -punaise elle est encore
là, elle ?!?- et Jessica Chastain), d'autre
s qui ont fait leurs preuves (Sophie Turner, Nicolas Hoult, Evan Peters) et....tous les autres dont le jeu manque singulièrement d'épaisseur.
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L'équipe Peau de chagrin
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C'est d'autant plus flagrant quand vers le milieu du film, entre les
morts et les blessés, l'équipe des X-men se réduit comme une peau de
chagrin. L'équipe "adulte" initiée par Bryan Singer dans les deux
premiers épisodes avait une alchimie redoutable qui depuis a été
transformée en jeunisme fadasse.
A part cela, le sujet déjà traité
dans le troisième opus (et une autre réalité pour ceux qui suivent), à
savoir la métamorphose de Jean Grey en phénix noir, est plus réussi. Les
tourments de la jeune femme compensent le coté redondant de Charles
Xavier qui se perd en excuses et Mea Culpa.
Il manque tout de même
un personnage essentiel, Wolverine, qui fait de cet épisode le canard
boiteux de la franchise, même s'il est très regardable.
La fin a de
l'ampleur et de la puissance mais manque pas mal d'émotions. A ce
niveau, Days of the futur past, reste le point d'orgue de cette saga qui
a connu des hauts et des bas et qui semble vouloir se conclure ici
selon les producteurs.