POURQUOI CE BLOG ?

Ce blog est destiné à donner un avis sur des films récents. Cela permet de partager une passion commune que l'on n'a parfois pas le temps de faire à cause de nos emplois du temps (sur)chargés.

La crise sanitaire ayant eu raison des cinémas et des programmations, des films un peu antérieurs à 2020 peuvent être évoqués dans l'actualité.

Bonne visite
Wilfrid RENAUD

lundi 24 septembre 2018

NOUVELLE CUISINE


Le film date de 2006 mais de part son originalité, il méritait d'apparaitre sur ce blog.
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Article de Wilfrid RENAUD

Pas très fan du cinéma asiatique en général que je trouve soit exagérément encensé sous prétexte que ça sent le jasmin, soit d'une complaisante violence quand ce n'est pas parfois les deux en même temps. Ça, c'est fait...




 Cette "Nouvelle Cuisine" réalisé par Fruit CHAN est pourtant d'un art culinaire particulier à ne pas mettre entre toutes les bouches.
Ching Lee, une ancienne star approchant la quarantaine, est décidée à retrouver sa beauté d'antan pour reconquérir son infidèle mari. Elle s'adresse alors à Tante Mei, une cuisinière charismatique qui a pour spécialité les jiaozi, raviolis à la vapeur typiques de la cuisine chinoise. Vendus à prix d'or, les jiaozi de Mei, à l'étrange éclat rosâtre, sont réputés pour leurs vertus rajeunissantes.
La course au jeunisme est traitée d'une façon totalement démesurée à travers ce mélange de genres. A la fois drame social et huis-clos horrifique lorsque la nature des raviolis sera révélée. Le tout est saupoudré d'ironie mordante et dénonce les travers d'une société malade qui refuse de vieillir à n'importe quel prix.
Allez, je lâche le morceau ....

En une scène qui se veut d'une apparence anodine, on en vient à se poser des questions sur les affaires de fœtus retrouvés dans des frigos et faire le lien avec ce qu 'on peut trouver dans les restaurants asiatiques avec des buffets à volonté....Bref, j'arrête de me moquer des végans et du coup, j'aurais presque envie d'un Burger King ou d'un Quick....
Bon appétit et surtout...bonne digestion.

vendredi 21 septembre 2018

BLACKkKLANSMAN



Article de Johannes ROGER. 

Au début des années 70, au plus fort de la lutte pour les droits civiques, plusieurs émeutes raciales éclatent dans les grandes villes des États-Unis. Ron Stallworth devient le premier officier Noir américain du Colorado Springs Police Department, mais son arrivée est accueillie avec scepticisme, voire avec une franche hostilité, par les agents les moins gradés du commissariat. Prenant son courage à deux mains, Stallworth va tenter de faire bouger les lignes et, peut-être, de laisser une trace dans l’histoire. Il se fixe alors une mission des plus périlleuses : infiltrer le Ku Klux Klan pour en dénoncer les exactions.
 
SPIKE LEE

J’avais quitté Spike Lee sur le mésestimé « Miracle à Santa Anna » il revient ici en grande forme avec un sujet taillé sur mesure pour lui. S’il résonne avec certains évènements tragique de notre époque, « BlaKKKlansman » ne prend pas le ton d’un pamphlet militant. Lee semble avoir compris que l’humour et l’ironie sont des armes tout aussi efficace pour lutter contre la bêtise et le racisme. Mais si les membres du clan sont effectivement montrés dans toute leur bêtise crasse, ils n’en sont pas moins dangereux.


Sur la forme le film est d’une grande élégance, l’esthétique de la mise en scène rappelle aussi bien les grandes heures de la blaxploitation, auquel il est fait allusion lors d’un beau dialogue (les vertus de « Shaft » contre celles de « Superfly »), que les films engagés des années 70. Spike Lee clôture son film par un montage coup de poing sur les évènements de Charlottesville, rappelant que la réalité et bien souvent plus effrayante que la fiction. En 40 ans peu de choses ont changés, beaucoup reste à faire...

Article complémentaire de Wilfrid RENAUD



 Le pitch ressemble à un gag : un flic noir infiltre le Ku Klux Klan dans les années 70. Pourtant Spike Lee livre un film qui n'est ni une comédie, ni un vrai polar. Il surfe entre les deux, des séquences parfois tendues quand Flip Zimmerman flic blanc aux stupéfiants prend contact dans le milieu local de la suprématie blanche après que son collègue Ron Stallworth -bien noir lui- les ai contacté en se faisant passer pour un blanc.

John David Washington et Adam Driver forment un duo d'armes fatales irrésistible, à la fois gonflés et très drôles mais sans lourdeur dans les gags. Reflet d'une époque où les groupes activistes émergeaient suite à la guerre du Vite-Nam, BlackKklansman n'épargne ni la police corrompue, ni les bouseux quasi-analphabètes des mouvements radicaux. Et quand les Black Panther se réunissent de leur coté, on se dit inconsciemment que leur attitude n'est pas si différente du KKK (poing levé pour les uns, main vers l'avant pour les autres) même si les premiers sont directement la conséquence d'un pays trop raciste cristallisé dans la bêtise crasse des seconds.
Doté d'une ambiance musicale et d'une bande son rappelant les vieux polars, le film est une vraie réussite et sans doute l'un des meilleurs de Spike Lee.

mercredi 1 août 2018

MISSION IMPOSSIBLE : FALLOUT

Article de Frédéric SERBOURCE

 C'est incontestable, depuis un troisième opus qui a fait repartir la saga sur de bons rails, les "Mission Impossible" sont devenus la meilleure franchise de blockbusters d'action US, surpassant l'ensemble de ses rivales qui pouvaient prétendre à ce titre si convoité. Mais, à la sortie de chaque nouvel épisode, une question revient inlassablement : comment vont-ils pouvoir surpasser le précédent ? En effet, chaque film semble atteindre un tel firmament de scènes impressionnantes qu'il devient presque impossible de pouvoir en imaginer de nouvelles pouvant les dépasser. Et, pourtant, à chaque fois, le miracle se produit à l'écran : chaque nouvel épisode réussit le pari fou de surclasser son prédécesseur en termes d'action et de séquences absolument folles où Tom Cruise se démène comme un diable dans des cascades de plus en plus spectaculaires. Une nouvelle fois réalisé par Christopher McQuarrie, "Fallout" ne faillit pas à la règle et fait passer les morceaux de bravoure de "Rogue Nation" (Ethan Hunt collé à un avion en plein décollage, l'attentat à Vienne ou encore la poursuite en moto au Maroc) pour un parcours d'obstacles destiné à des petits chatons à trois pattes.

Avec l'arrestation de Solomon Lane, Ethan Hunt pensait en avoir fini avec le Syndicat, cette nation dissidente composée d'ex-agents prêts à tout pour établir un nouvel ordre mondial à coups d'exterminations de masse. Pas de bol, les anciens membres, devenus désormais les Apôtres, continuent leurs activités anarchistes sous l'égide d'un nouveau venu, John Lark, et préparent trois bombes nucléaires en guise de feu d'artifice final ! Flanqué d'un agent de CIA, August Walker (Henry Cavill), chargé de le surveiller, Ethan se rend à Paris pour tenter d'intercepter Lark avant qu'il ne parvienne à mettre la main sur le plutonium nécessaire à ses plans funestes...

Au niveau de l'intrigue, "Fallout" se présente comme une suite très directe de "Rogue Nation" (les personnages de Rebecca Ferguson et Sean Harris y ont à nouveau une place prépondérante) mais aussi, quelque part, comme une sorte d'épisode ultime à la fois par le fait de mettre ses personnages réellement dans l'urgence d'un danger de mort (on a vraiment le sentiment que tout le monde peut y passer cette fois comme en témoigne l'ouverture à Berlin) et en prenant la forme d'une sorte de pot-pourri de tout ce qui a fait la solidité scénaristique de la saga. Évidemment, sur un plan global, on nage en terrain plus que familier, les balises habituelles de "Mission Impossible" sont bel et bien présentes avec les changements de pays en fonction de retournements de veste parfois prévisibles et le tout va s'acheminer à empêcher une nouvelle fois une explosion nucléaire dantesque dans les dernières minutes mais l'essentiel n'est pas là. L'habileté de ce nouveau film réside avant tout dans les stratagèmes mis en place par une nébuleuse de personnages poursuivant chacun leur propre objectif en orbite autour des piliers formés par Ethan Hunt et son équipe qui vont tout faire pour les contrecarrer avec une ingéniosité jamais avarde de mini-twists. Rarement un "Mission Impossible" n'aura fait s'affronter autant d'intérêts personnels antagonistes pour chercher à faire naître la surprise de leurs interactions et élargir toujours plus le champ d'une intrigue dont on croit pourtant connaître tous les ressorts.

 Ajoutez à cela une dimension émotionnelle non négligeable apportée par les jolis yeux embués du personnage de Rebecca Ferguson (encore meilleure que dans le précédent) sur celui d'Ethan Hunt dont elle découvre peu à peu l'humanité et les failles ou l'opposition virile inédite entre Hunt et August Walker, une sorte de miroir juvénile et brutal du héros, et vous obtiendrez sans aucun doute un des épisodes de la franchise qui fourmille le plus de propositions nouvelles dans un cadre et une formule pourtant bien établis.
Bien entendu, impossible de ne pas aborder les séquences d'action toutes aussi démentes les unes que les autres. Après un début étonnamment calme préférant installer les évènements à venir, l'arrivée tonitruante de Hunt à Paris pour une grande partie du film marque enfin le début des hostilités ! D'une scène incroyable de baston aux toilettes à la folle course-poursuite dans les rues de la capitale pour ne citer qu'elles, l'excursion française de l'agent Hunt prend de sérieux airs de sommet de la franchise toute entière avec une véritable générosité à tirer profit de toutes les spécificités que lui offre le decorum parisien ! Un vrai régal qui nous laisse à peine le temps de respirer avant de nous envoyer gambader sur les toits londoniens dans une course contre la montre haletante où l'on reconnait sans mal la scène qui a valu une cheville brisée à Tom Cruise.
Seul petit hic, aux trois quarts de sa durée, "Fallout" connaît un petit temps mort avant de se lancer dans son dernier acte qui nous fait réaliser son imposante durée (2h30, le plus long de la saga) mais, comme pour s'en faire pardonner, ce sixième film nous offre tout simplement la dernière partie la plus démentielle que l'on ait vu dans un "Mission Impossible" avec notamment une poursuite en hélicoptères qui restera dans les annales du genre, rien que ça.

"Fallout" est un modèle de ce que peut nous offrir de mieux le cinéma d'action américain. Ni plus, ni moins. Et autant par cette faculté à renouveler les ingrédients qui composent sa formule bien connue pour une offre à chaque fois différente que par sa capacité à repousser les limites du spectaculaire devenu sa marque de fabrique. "Comme d'habitude." nous dira Ethan Hunt. Oui, comme d'habitude, Ethan, et avec la manière qui plus est ! Vivement le septième !

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Article complémentaire Wilfrid RENAUD


A mes yeux, depuis quelques années, Tom Cruise et son personnage, Ethan Hunt, se servent de paillasson de la franchise James Bond et possèdent dans une urne funéraire les cendres de Jason Bourne, car la saga Mission Impossible a trouvé depuis le troisième épisode une vitesse de croisière qui ne va qu'en s'amplifiant.
Suite directe de MI :Rogue Nation du même réalisateur, on retrouve, des personnages emblématiques incarnés par Rebecca Ferguson et Sean Harris, plus un méchant très imposant en la personne d'Henry Cavill qui sont loin de servir de faire-valoir à la star Cruise, chaque acteur et personnage jouant largement sa part dans l'histoire. Bref on est à des kilomètres du coté narcissique et détestable de l'épisode 2 réalisé par John Woo (le pire de la franchise).
Ici, menace nucléaire en vue, méchants anarchistes, trahisons à tiroirs et cascades de haut vol. La routine ? Pas vraiment. Ce Fallout possède des enjeux dont le taux de réussite n'a jamais été aussi proche de zéro. Ce qui lui confère un coté "too much" et quelques invraisemblances au niveau du timing Le compte à rebours d'une bombe n'a jamais été autant "ralenti "pour entretenir les séquences d'actions, du moins dans cette franchise. Toutefois, on peut voir ces dernières scènes en montage alterné, d'où un "effet de ralentissement" pour être un peu moins pointilleux mais il aurait été bien que McQuarrie le précise par une astuce afin qu'il n'y ait pas de confusion.
Néanmoins le spectacle étant total et l'efficacité imparable, on passe assez facilement sur ces petits défauts.
A titre comparatif, mon préféré reste tout de même Rogue Nation.


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